A H. LE ROY
Fernsy» U aufaito.
Je suis, monsieur^ aussi sensible que Sirven à la justice que vous lui rendes. Si les prétendus professeurs d'équité étaient aussi éclairés et aussi honnêtes qu'un professeur de médecine ^tel que vous, cette fa-
DE VOLTÀIRS (1769). 187
mille innocente et malheureuse ne serait pas dans rétat funeste où l*ignorance et Vinjustice Font pion* gée. La seutence contre les Sirven est un nouvel outrage au sens commun , à la physique , aui sentiments de la nature, qui couvre la patrie de honte. Je me flatte que votre rapport ne contribuera pas peu à venger les Sirven et la France. Tous les bons d* toyens vous béniront, et je vous aurai, monsieur, une ebligation particulière, moi qui suis occupé depuis six ans à tirer la famille Sirven de Toppression et de la misère. Il est bien cruel que la vie et Thonneur d'un père de famille dépendent d*un chirurgien igno* rant et d'un juge idiot.
Agrées, monsieur, ma reconnaissance et tous lessen* timents avec lesquels j*ai Vhonneur d'être, etc.
Il augoité.
Voici, mon cher ami, un petit mémoire sur la facétie en question. Je tâcherai de faire partir, par la première poste, deux exemplaires. Je pourrai même les corriger à la main, afin qu*ils soient plus dignes de vos bontés et de vos remarques.
Je vous embrasse en idée, avec l'espérance consolante de vous revoir.