A MADAME
Aa châteaa de Ferney, 1 9 notembre.
Madame,
11 est vrai que si je n'avais cru que mes sentiments respectueux pour votre personne et ma sensibilité pour votre triste état, j'aurais écrit à M. Tavocat général du sénat de Chambéry; mais étant partie dans cette affaire, je nai pas osé prendre cette liberté. 11 m'a paru qu'un étranger ne devait qu'attendre le jugement et s'y soumettre. D'ailleurs, tout ce qu'on m'a dit de M. l'avocat général me fait croire que les solUcitations sont très-inutiles auprès de lui. Je sais qu'il est beaucoup mieux informé de votre affaire que je ne puis l'être. On m'assure de tous côtés qu'il est aussi bienfaisant qu'éclairé. Votre cruelle situation Ta sans doute attendri. Je vous conseille de faire comme moi, madame, d'attendre son rapport, et de vous conformer à ce qui sera décidé. Je ne puis croire que la grâce que le roi vous a faite, vous devienne jamais inutile.
J'ai rhonneur d'être avec respect, madame, etc.