AU MÊME
En voici bien d'une autre, monseigneur; M. de Ximenès me mande que vous avez la bonté de faire jouer & Fontainebleau Uê Guèbrêê. Je prends donc la liberté de vous les envoyer, quoiqu'ils me soient dédiés.
Vraiment, je vons serais trèa-obligé si, au lieu de Tanerèdê ou de Mèrope qu'on connaît assez, on jouait îêê Guèbrei et ki ScyiAeiy qu'on ne connaît point. Cela mettrait, ce me semble, plus de vivacité dans vos amusements de Fontainebleau; et ce serait pour moi une grande consolation et beaucoup d'honneur de contribuer un moment à vos plaisirs.
Si vous avez lu VBùtoire du Parletneni^ vous avez trop de pénétration et de goût avec trop de connais-» sance du temps présent, pour ne pas vous apercevoir que ces chapitres ne sont pas de la même main qui a écrit les premiers. Presque toutes les anecdotes sont
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faufises. On a pris la ooDseiUer Vengny pour le vieux président de Nasstgny. On suppose que tous ceux qui Mil assisté au procès de Damiens ont eu des pensiops, ce qui est également faux et ridicule. D'ailleurs, ces chapitres sont écrits très-grossièrement, et avec une impropriété de langage qui révolte.
Tous savez quel brigandage a régné dans la campagne des Indes et au Canada ; il n'y en a pas moins dans la république des lettres. Voilà ce qui m'avait déterminé à sortir de France^ et si j'y suis rentré, ce n'est pas bien avant. Vos bontés me consolent de tout.
Agréez le tendre respect de votre vieux seniteur, qui sera pénétré pour vous, tant qu'il vivra, de son inutile et inviolable attachement.
. 6»1. ^ A M. L'ABBÉ AUDRA.
20 leptembre.
Mon cher philosophe^ je reçois en ce moment votre lettre du 13 septembre. Le projet de faire un abrégé de V Essai sur Vespnt et les mœurs des nations est une trèfr^bonne idée, et vous l'exécuterez en habile homme. Je vais recommander à Cramer de vous envoyer la nouvelle édition in^*, qui sera achevée dans quelques jours ; elle est très-augmentée.
J'attends le détail que M. de La Croix doit m'envoyer sur l'affaire de Sirven. Si on rend une justice com* plète à cette famille innocente et opprimto, si les ma* gistrats de Toulouse voient sans chagrin dans leur ville l6 défenseur des Calas, si le théâtre nouvellement établi peut profiter de mes soins, le plaisir de vous
revoir me rendra peut-^tre assez de forces pour enlre^ prendre ce voyage.
Je viendrais dans une espèce de litière; et je passerais l'hiver à Toulouse ; mais ce serait à condition que je mènerais ma vie de malade : il faudrait que mon fige et mes maui me dispensassent de faire aucune visite, et qu'on me pardonnât ma vie solitaire. Je partirai probablement dès que je serai certain d'être bien reçu et de n'avoir rien à craindre des vieux restes du fanatisme.
J'ai oublié le nom du conseiller qui protège Sirven; je vous prie de me le dire. Il ne serait pas mal qu'il me donnât des assurances positives qu'on approuverait mon voyage.
C'est tout ce que je puis vous dire à présent. Je n'ajoule rien de nouveau, en vous disant combien je vous aime, et combien j'ai envie de vous embrasser.
6î». » AU MÊME.
J*ai été plus près, mon cher philosophe, de faire le voyage de l'autre monde que celui de Toulouse. Madame Denis est revenue de Paris prendre soin de mon triste état. Je vous recommande ce pauvre Sirven; achevez votre ouvrage. La faiblesse de mon corps ne s'étend point sur mes sentiments. Je suis pénétré de reconnaissance et d'admiration pour le zèle de M. de la Croix. Le style de ses lettres me fait juger du succès qu'aura son mémoire en faveur de l'innocence, si cruellement opprimée. Je le prie de regarder cette
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lettre coiAiaie écrite à vous et à lui. Pardonnez-ipoi tous deux une lettre si courte; mon état est mon excuse.
Si le pauvre Sirven a besoin d'argent, il n*a qu*à parler; je vous prie de le lui faire dire.