A M. VASSEUER
Fernej/ 6 juia.
L'aventure d'Arrie-Petus est bien étonnante pour desWelches. Je voudrais bien savoir au juste le véritable motif de ce coup fourré ; car il me semble que les raisons qu'on en donne ne sont guère valables *•
Je vous enverrai, monsieur, le mémoire de Billard*, écrit de sa main , si vous ne l'avez pas. C'est dans ce mémoire qu'il dit que la Providence l'appelait à voler la caisse.
Dès que nous aurons une petite pacotille de montres, nous la recommanderons à vos bontés.
Mille tendres compliments à M. Yasselier.
Il jniiu
Eh ! mon Dieu ! madame, je n'ai appris que par la
^ n 8*agit de raventure de deax amants qui se donnèrent la mort dans une campagne, près de Lyon. Le Jeune homme s'appelait Faldoni. Ils se tuèrent parce que les parents de la jeune Aliène voulaient pas consentir à leur mariage.
* Faux dévot, qui fit une banqueroute scandaleuse.
DE VOLTAtRË (1770). fjOS
poste du 9 de ce mois le triste accident arrivé à M. d*Argental. On me mande qu'il n*aura point de suites funestes ; mais on me dit que Tépaule est démise ; cela n*est que trop funeste.
Vous sentez comme je partage vos peines et vos in-^ quiétudes; nous ne parlons^ madame Denis et moi^ que de cette inconcevable aventure. Nous ne savons jamais rien à temps dans nos déserts. Celui qui nous a écrit a supposé que nous étions informés, et n*est entré dans aucun détail. Nous vous demandons en grâce de nous faire écrire, par votre secrétaire, en quel état est M. d'Argental, et comment il s*est pu faire qu*il ait été blessé dans un carrosse. Cela fait frémir. On prétend qu*il y a eu près de trois cents personnes de mortes ^ Est-ce un écbafaud qui est tombé? Voilà on abominable feu d'artifice.
H. d'Argental est-il au lit ? Son épaule a-t-elle été réellement démise? Si cela est, il a dû soufirir de grandes douleurs. Tout cela n'a pas dû raffermir votre santé. Nous vous conjurons» madame, de nous faire savoir comment nos deux anges se portent. Nous avons le plus grand besoin d'un mot qui nous rassure.