‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 154 sur 405 · A M. LE MARQUIS DE GONDORCET · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE GONDORCET

A Ferney, le 6 janTier.

J*ai été, monsieur, bien malade et bien affligé. Ma pauvre colonie est aussi délabrée que moi. J'ai bien peur que les maisons que j*ai bâties ne deviennent inutiles, et que mon petit pays ne retombe dans le néant dont je Tavais tiré.

Les vers que vous m'avez cités de M. de La Harpe sont très-beaux; il faut qu'il soit de l'Académie française, et que vous nous fassiez le même honneur. Nous avons besoin d'hommes qui pensent comme voua.

Ma nièce et moi, nous vous souhaitons la bonne année, et dans cette bonne année sont compris tous les plaisirs qu'un philosophe de votre âge peut goûter.

Conservez un peu d'amitié au pauvre vieillard enterré dans les neiges.

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