A M. LE MARQUIS DE THIBOUVILLE
tt féTiier.
Le jeune homme qui est recommandé à M. Baron ^
' Sans doute Taoteor d'one agréable comédie , le Jaltm» nmi amtmr, de fables, etc. Le premier ouvrage dlmbert. U Jug&maU de Pdtii, venait d'être publié par Cramer.
' Surnom de M. de Tbibouville, teteur da m}oo tnkft-mlaiidl.
exécuta ses ordres sur-le-cbatnp, et changea les deux morceaux dont il était question. Sa docilité me donne de grandes espérances^ et je crois qu'avec le temps il pourra aller plus loin que feu M. Lantin.
M. Baron ferait le coup le plus décisif et le plus plaisant, s'il trouvait à Paris quelque jeune prête-nom qui pût se charger de cette famille de bonnes gens, nommés leg Pélopides. Les soldats de Corbulon, s'il en reste, seraient bien déroutés. C'est un plaisir qu'U faut absolument se donner.
M. Baron est supplié de renvoyer à H. Lantin, neveu de feu M. Lantin, la Sophonisbe corrigée à la main. Il n'en a aucun exemplaire. Il la renverra sur-lechamp, beaucoup plus correcte. Il n'y a qu'à adresser le paquet à M. Marin, secrétaire général de la librairie, rue des Filles-Saint-Thomas.
Voilà de quoi s'amuser, et cela est plus plaisant que toutes les querelles des parlements.
%% ttrrier.
Monsieur, j'ai recours à vous. J'ai été volé, et je vous supplie de me faire rendre justice. Ce n'est pourtant pas au nom du roi, quoique vous soyez son avocat général; c'est au nom de la raison et de l'hu* manité. On m'a pris ce que j'avais de plus précieux : votre plaidoyer en faveur de cette pauvre femme huguenote, à qui vous fites donner des dédommagements par son indigne mari catholique, et votre discours de rentrée sur les devoirs de la magistrature.
Si vous ne daignez pas, monsieur, me faire présent
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de ces deux ouvrages , vous serez cause que je ferai une mauvaise action; car je vous avertis que je les volerai au premier qui en sera possesseur. Quelqu'un a dit : Panem nostrum subsianiialefn da nobù htHUe. Je vous fais la même prière à bien plus juste titre.
Nous avons eu à Ferney un de vos confrères les avocats généraux, tout fraîchement arrivé d*un beau château qu'on nomme Pierre-Cise ou Pierre-Encise *. C*est un favori que le mattre de la maison aime si fort qu*il en a été jaloux, et qu*il n*a voulu le laisser parler à personne, pendant tout le temps qu*il Ta eu dans sa maison. C'est un grand avantage que les Français ont sur les Anglais d'être logés et hébergés aux dépens du patron» sans qu'il leur en coûte rien pour leur voyage et pour leur nourriture. Il faut avouer qu*on ne trouve point ailleurs une pareille politesse.
Ayez soin de votre santé, monsieur, et n'oubliez pas, dans votre livre sur notre jurisprudence, de rendre toute la justice qui est due à un si généreux établissement.
Je vous demande en grâce de faire un petit paquet de tout ce qu'on a imprimé de vous, et de me l'envoyer par le coche de Versoix, par Lyon. Vous contribuerez à la guérison d'un vieux malade, qui a plus de foi en vous qu'en M. Tissot.
^ Agréez les tendres respects de votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Le vieil ermite du mont Jura.
* Prison d'État, où l'avocat général Séguier fut enfermé après lA dissolution du parlement.
DE VOLTAIRK (1771). 233.