A M. DE MENOU
▲ F«niey, ît nart.
Si j'étais en vie, monsieur, je passerais les jours et les nuits à faire ce que vous désirez; mais ayant soixante et dix-sept ans passés, étant aveugle, ayant la goutte, je vous prie de m'excuser et de me regarder comme mort. Si jamais je ressuscite, et si votre légion va au devant de madame la comtesse d'Artois, je serai alors à votre service. Mais dans le moment présent il n'y a pas moyen ; et au lieu des divertissements que vous me demandez, je vous demande un De profundis. On ne peut être plus affligé que je le suis d'être mort, et plus afOligé de ne pas profiter de l'occasion que vous me donnez de faire quelque chose qui vous soit agréable.
Je présente mes respects à MM. les officiers de la
^ Le père da célèbre général.
légion da fond de mon tombeau. J'airhonneard^élre, avec les mêmes sentiments, etc.
12 mars.
Le vieux malade aveugle envoie à ses anges une Sqphoniêbe toute musquée; s'il prend congé de la compagnie,
Cest ainsi qu*en partant il vous fait ses adieux.
Je recommande à vos charités sa dernière fille.
On lui mande que ceux qui ont si joliment accommodé le chevalier de La Barre et le comte de Lally pourraient bien revenir ^ Tâchez qu'il ne meure point avec ce déboire.