MADAME LA PRINCESSE DE TALMONT
A Feniey, ISjoin.
Madame, un vieillard aveugle et mourant a été instruit, par les yeux d'autrui, que votre cachet é(ait à une lettre du 4 juin, non signée de vous. Le vieillard est fort éloigné d'oser se mêler des querelles de nations : vous lui avez rendu la vôtre trop respectable;
> Secrétaire intime du cabinet de Louis XV. 11 devait exposer ao roi l'affaire des serfs de Saint-Claude contre les nooineâ de celte abbave.
elle a sauvé Yienne du joug des Ottomans^ et peutêtre un jour contribuera-t-elle à chasser de i 'Europe ces usurpateurs barbares'. Il y a longtemps qu'on en serait délivréy si les princes chrétiens avaient pu préférer l'honneur et le salut public à ce qu'ils ont cru leur intérêt : les personnes de votre sexe et de votre naissance, qui triomphent aujourd'hui par terre et par mer de ces déprédateurs du genre humain, me paraissent sûres, du moins par ce côté, et dignes de votre estime.
Il n'appartient pas à un vieillard, obscur et mort au monde, de porter ses vues plus loin. Il se souvient avec reconnaissance de vos anciennes bontés, et vous est attaché, madame, avec beaucoup de respect.
7i9. — A M. PAPILLON DE LA FERTÉ,
iRTmiirr dm hbhvi - rLiisimi bv moi.
A Femey, 8 juillet.
Je ne sais, monsieur, où vous êtes à présent : si c'est à Paris, à La Ferté ou à Bruxelles; mais ma lettre vous trouvera, et les sentiments de mon cœur vous chercheraient partout.
n y a longtemps que je vous ai écrit ; j'ai respecté vos occupations, qui doivent être assez grandes, et les affaires publiques qui intéressent tous les citoyens. Vous avez d'ailleurs une nombreuse famille qui exige tous vos soins et qui fait votre consolation. Vos belles terres demandent une attention continuelle. Ainsi, heureusement pour vous» toutes vos occupations sont de vrais plaisirs.
^ MadamB de Talmont était Polonaise et paiente de Sobieakl.
U» LETTRBS INtOITBS
Les miennes ne sont pas de cette nature; je crains beaucoup à présent pour la colonie que j*ai établie; les dépenses qu*elle m*a coûtées étaient trop au^dessua d'un particulier aussi obscur et aussi médiocre que moi. J'ignore si on payera du moins les derniers six mois des rentea enregistrées au parlement , que vous eûtes ]a boatéde me procurer» en dédommaganeat de l'argent comptant que j'avais mis. en dép6t ebei M. de La Balue^ et dont le ministère a été obligé de 9*empa* parer par le malheur des temps.
J'ignore si l'on esA en état de satisfedre à des engagements si sacrés, et qui intéressent la fortune de tant de particuliers. Je ne suis au fait de rien. L'amitié que vous m'avea toujours témoignée, m'autorise à m'a* dresser à vous. Cinquante familles que j'ai recueillies, et pour lesquelles j'ai bâti des maisons, augmentent mes inquiétudes; mais je suis plus pénétré de ma reconnaissance pour vous qu'accablé de ma situation présente.
Je vous souhaite, monsieur, toute la prospérité que vous méritez, et je me résigne aux malheurs que j'é^ prouve. Si vous me conseillez d'éeriire à M. Duclos, je lui écrirai. Si vous jugiez qu'on pût obtenir quelque payement de la part de ceux que le ministère a clutrgés de ce département, je m'adresserais à eux; mais je dois d'abord vous consulter, et surtout vous réitérer les sentiments d'attachement et de reconnaissanoe avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc.
I>K VOLTAIRB (1771). Ul