A M. CRAMER
lljuUlet.
Je prie encore une fois M. Cramer de ne riea mettre dans son édition in-4'' que je puisse désavouer. Il sait qu*il y a beaucoup de petits bâtards qui courent le monde sous le nom de mes. enfants légitimes. On 8*imagine» à Paris, que c*est moi qui dirige à Genève toutes ces éditions, auxquelles je n*ai pourtant au* cune part. Plus j*aime M. Cramer, et plus je serais fâché d'être obligé de renier ce qu'il fait imprimer. On est et ou sera plus difficile que jamais à Paris; il faut bien que je sois difficile aussi, tout facile que Dieu m*a fait. Je vous demande en grâce de ue rien faire sans m'en avertir. Vous vous doute% bien quQ j'ai de fortes raisons.
ITjuiUet.
J'ai reçu de mon cher ange sa lettre du 11 juillet. Une doit point craindre que le jeune homme ' égorge son fils; il ne le redemande que pour lui donner un habit neuf, qu'il prétend être assez propre et assez hieii fait, quoique par un tailleur de village.
U en est de même de l'abbé de Châteauneuf et du petit Lantin^; ils aiment leurs bâtards comme de9 Imis-
Je me flatte que mon petit philosophe Christin aura
1 L*aat6ar prétenda des Pélopides.
^ Ctet sons ees nomt qu'il fit parttttre le J[>épa$Uaire et Sophonube.
la gloire de délivrer quinze mille esclaves en Francbe- Gomtéy comme fit Charles-Quint à Tunis. Vos bontés auront contribué à cette bonne œuvre. M. de La Ck>ré, intendant de la province , dont on a demandé l'avis, est entièrement pour nous. Son mémoire est impartialy savant et éloquent ; enfin, j'espère beaucoup.
La colonie enverra incessamment les deux montres qu'on demande. Celui qui se plaint que sa montre retarde, quand la chaîne est au bout, n'a qu'à avancer un peu l'aiguille de la spirale.
Je supplie mon cher ange de montrer à M. le marquis de Monteynard ' la lettre ci-jointe ; je lui ai déjà écrit à peu près les mêmes choses; mais vous ne sauriez croire quels brigandages ont été exercés dans toute cette entreprise. Si toutes les affaires ont été traitées dans ce goût, je ne m'étonne pas du dérangement des finances. Est-il possible qu'après neuf ans de paix, nous soyons plus mal que nous étions dans le temps d'une guerre désastreuse !
Nous renouvelons, madame Denis et moi, nos hcmimages les plus tendres à nos anges.