A M. VASSEUER
1% noTembre.
Mon Dieu, mon cher ami, je ne vous ai pas remercié de votre jésuite Richeorae^ : c'est un bon impertinent, n est bon d'avoir celS 4^ns sa bibliothèque, et de voir jusqu'où l'esprit humain peut aller en fait de bêtise.
Je vous prie de ne me pas oublier auprès de M. Tabareau, quand vous lui écrirez à Rome.
A Ferney, 6 déoembra.
Il serait triste pour moi, monsieur, de mourir sans voir celui à qui j'ai obligation; mais, en attendant
^ Elle entra k la Comédie italienne et y réossit.
* Antear de deiu( Tolumes ln*folio de controvenes, mort en 1625.
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que je puisse jouir d*UQ 0i cher ataniage, je dois vous dire que la saisie de mon bieD^ qui était entre les mains de M. Magon^ me jette aujourd'hui dans un embarras inexprimable.
J*al établi une colonie qui fait un commerce utile à l'État. Cette colonie va périr^ si je ne lui donne de nouveaux secours. Pouvez -vous avoir la bonté de me faire vendre cent mille francs de contrats? Je ne disputerai pas sur le prix, et je regarderai cette grâce que vous me ferez comme la plus grande faveur.
Yoilà où Topération de M. Tabbé Terray m*a réduit. Si je ne puis parvenir à vendre mes contrats, votre amitié seule me console ; si je puis les vendre, j'aurai le bonheur d*étre utile à l'Étati autant que le peut comporter ma petite sphère. Mon plus grand bonheur est d'avoir trouvé un ami tel que vous.
J'ai l'honneur d'être, avec la plus sensible reconnaissance, monsieur, etc.
Ul - a m. D'ARGENTAL.
À Ferney, 7 décembre.
C'est pour dire à mes anges que la montre à répétition part aujourd'hui à l'adresse de M. de Richebourg. Voilà vos cinq montres arrivées. Il faudra peut-être passer quelques jours à les régler ; mais elles sont bonnes et à bon marché. S'il y en a une pour M. de ThibouviUe, il faudra qu'il ait la bonté de la payer. Il est arrivé un malheur à mes pauvres
< Banquier du roi» oHêi qdt, da&ft tme MtréiM ^ttarle âo Ttémt, oa saisit tout Targent ÛÊpM par dea partldaU«r8<
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artistes; ils ont besoin d*étre remboursés do leurs avances. Pardon.
Le roi de Polognefutdonc assassiné le 3 novembre '^ et le roi de Prusse m'envoie un poème hércyhcomique sur les confédérés du 18 du même mois; et quel poëme I Cela est aussi extraordinaire que la scène de Eosinski, mais pas si touchant.
M. le premier président de Toulouse a la bonté de me mander qu'il a voulu présider lui-même à la Tournelle pour juger enfin Sirven. On lui a rendu la jouissance de ses revenus, saisis pendant huit ans de contumace ; ce qui est sans exemple, on lui a adjugé des dépens considérables. Cet arrêt semble une amende honorable à la cendre des Calas : point du tout; vous allez être bien ébahis : le premier président m'écrit qu'il lui est démontré que tous les Calas étaient coupables aussi bien que La Yaisse , et qu'ils ne furent épargnés que par considération pour La Yaisse le père, qui était ami de la plupart de Messieurs. Eh bien I mes anges, n'êtes-vous pas ébahis^ comme je vous le disais?
Tous êtes surpris que j'écrive de ma maib ; c'est que nous n'avons point de neiges : sans cela, je se* rais aveugle. Je tie suis que mourant; mais cène sera rien, et je suis sous vos ailes.