A MADAME NEGKER
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M. Mayster, madame, jeune sage de Zurich, longtemps persécuté, selon Tusage, par des fous sérieux, m*a fait voir combien j'avais eu tort de ne pas mettre à vos pieds ma nouvelle folie. Je devais savoir en effet plus que personne combien vous êtes indulgente; mais cette épttre n'est point finie ' : un homme trèsindiscret en a fait tenir une copie assez informe à madame* la comtesse de Brionne, et des copies encore plus mauvaises se sont multipliées.
Je prends donc la liberté de vous en adresser une un peu moins ridicule. Je vous demande pardon de la grosseur du paquet et de la platitude de l'ouvrage.
Je suis fâché que cela paraisse dans un temps où l'on va jouer certaines Lois de Minos. C'est allumer à la fois deux flambeaux dans les mains de la critique; mais ma peau s'est endurcie à force d'être brûlép par ce monstre. Tout mon chagrin est de barbouiller la statue que je vous dois. Mais vous pardonnerez à un vieux malade obligé de garder sa chambre, et qui s'amuse malgré lui à travailler de son premier métier.
Croyez du moins, madame, que mon cœur est beaucoup plus occupé de vous que mon esprit ne l'est de
* VBpUre à Horace. Œuv. comph, t. xm.
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mes bagatelles surannées. Si j'étais en étal de faire un voyage, je ferais celui de Paris exprès pour vous faire ma cour, et pour vous dire avec quelle reconnaissance je vous suis attaché jusqu'au dernier moment de ma vie, à vous, madame» et à M. Necker*
77s. -^ ^ II, .t«««
A Ferney 20 novembre.
Monsieur, M. de Crassier, mon voisin, brave et bon ofGcier, m'a mandé que vous vouliez bien lui accorder vos bons offices auprès de monseigneur le duc de la Yrillière. Souffrirez-vous, monsieur, que moi, qui suis à peine connu de vous, je vous fasse mes remerciements pour mon anài? Pardonnez cette liberté à Vamitié que j'ai pour lui depuis longtemps.
J'ai rhonneur d'être, avec les sentiments les plus respectueux, monsieur, etc.
Î7 DOTembre.
Vous savez, messieurs du comité| que Boileau, dans son Art poétique,
D'un mot mis en an pUos ens^gaa le ponveir;
or, dans la première scène du second acte (les Lois de
Minas) ,
Je ne te réponds pas que ta noble fierté
Uoble n'est pas le mot propre, c'est dure^ c'est sauvnge; ajoutez que le mot noble est déjà deux fois dans cette scène.
DE VOLTAmS (1T72). 9»
Je n*aime point, dans la seconde scène de ce deuxième acte :
Ainsi le fanatisme et la sédition Animeront toujours ma triste nation.
Ce n'est que répéter ce qu'on a dit au premier acte; il faut, dans toute cette scène, quelque chose qui annonce un changement soit grand, soit petit. Je trouve fort mauvais que, dans cette scène, Dictime dise :
Quoi 1 le conseil l'appuie !
Il le savait bien , et il ne doit pas s'étonner d'une chose qu'il a vue et qu'il a dite. Voici donc mes changements que je tiens absolumeut nécessaires , et que je supplie mon comité de recommander au tripot, fûtce pour la seconde représentation, si malheureusement on a déjà joué la pièce.
Je recommande à vos bontés mon petit mémoire.