A M. LE COMTE DE ROCHEFORT
18 décembre.
H. le comte de Rochefort et la vieille madame Dix- Neuf-Âns étant partis le 17 de Mâcon, selon la lettre écrite par le trio, le vieux malade de Femey, se fondant sur cette lettre, compte que nos voyageurs seront bientôt à Paris; par conséquent, il adresse ses remerciements dans la rue Sainte-Anne, et suppose qu'ils leur parviendront, soit à Paris, soit à Yandœuvre, et voici ce qu'il leur dit :
« Aimables voyageurs, vous ne verrez point jouer « les Lois de Minos; car vous serez en quartier, lors* « qu'on les présentera après les Rois; mais je vous de- « mande en grâce , encore une fois , de ne montrer « ces I^ûqu'à M. d*Alembert. Je ne crois pas qu'il y
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a ait \A moindre allusion raisonnable à faire; mais « tout est toujours à craindre des esprits firitoles^ inli quiets et méchants. D'Ailleurs l'exemplaire que tous « avet est très-incorrect, et on est obligé de refaire « deui feuillets. Je sais bien que de pareilles baga- «t telles ne méritent pas une grande attention ; mais^ (( comme il y a dans le monde des gens qui profitent « de tout pour nuire, nous vous demandons en grftce a de leur en Ater les moyens dans cette petite occa- « sion. 1»
« Madame Denis remercie très-respectueusement ^ madame Dii-Neuf-Ans. J*en fais autant pour \û « troisième personne à qui J'ai l'honneur d'adresser a ma lettre, et je me mets aux pieds de ma Tieille. »
Ho. -^ A il. Lb coMtÉ îkaIwîentaL.
tS décembre.
Mon cher ange, il faut que je Voiis dise que les deux polissons nommés Blancardi sont à Lyon. Us m'ont éerit un volume prodigieusement fou et absurde ; ils prétendent que M. le marquis de Felino a été obligé de leur etiToyer de l'argent. C'est le malheur de toa position sur le chemin d'Italie, d'Allemagne, de Savoie et de Suisse d'être Continuellement exposé à recevoir de tels chevaliers errants et d'industrie. J'ai beau m'en débarrasser, autant que je le puis; si on les thasse par • la porte, ils rentrent par la cheminée.
Je fais toujours des réflexionsprofondessur laCW/e; je vds que je joue mon argent comptant contre des fiches. Maïs, après tout^ cet argent cMiptant n'est que
de la famée. C'est la fumée de la glob^e, dit*on ; d'accord. Mais on dit aussi que les sifflets foût plus de peine que les battements de mains ne fbnt de plaisir. On dit que, si cela est joué froidement, me Toilà honni sans rémission } que nos seigneurs du tripot n*ont pas encore commencé une seule répétition ; qu'ils se soucient fort peu de faire valoir une pièce nouvelle.
La scène de Sertorius et de Pompée a de grandes beautés^ concedo ; mais que le reste de la pièce soit passable, nego. Oh! comme je serais bafoué, si je donnais une telle pièce aujourd'hui ! Quel rôle je jouerais dans les journaux !
Mais venons à des choses plus inléressanles. Esl-îl vrai que le roi d'Espagne a retranché environ quatre cent mille livres de rente à Votre infant ?
Comment se porte surtout madame d'Argentalî