‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 218 sur 405 · A M. LE MARQUIS DE CONDORCET · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE CONDORCET

l«r nan.

J'ai reçu, monsieur, un petit ouvrage d'or* à mon vingt-deuxième accès de fièvre; je l'ai lu tout de suite. Je ne suis pas guéri; mais je sujs en vie, et je crois que c'est à vous que je le dois.

Cet ouvrage est un monument bien précieux; vous paraissez partout le maitre [de ceux dont vous parlez, mais un maître doux et modeste ; c'est un roi qui fait l'histoire de ses sujets. Je parle des Français, car pour Huygens et Roêmer, je les mets à part. Je n'ose vous remercier, parce que je n'ose me reconnaître dans un de vos portraits.

Si vous voyez M. de la Lande , je vous supplie de lui dire que mon triste état m'a empêché jusqu'à présent de lui faire réponse sur Coge-pecus, mais que, si j'en réchappe, il aura bientôt de mes nouvelles. ,

» V. Œuv.compl., t. XLVIL I

* Éloges dfs académieieM morts avant tB99* '

Il est bien étrange que je sois obligé, la mort sur les lèvres, de répondre à un avocat, et que je sois en quelque façon partie dans le procès de M. de Morangiès. Je soumets mes raisons à vos lumières. Il me semble que la cause de M. de Morangiès ne devrait être jugée que par des philosophes qui savent peser les probabilités.

Regardez, je vous prie, monsieur, comme une démonstration, les assurances de ma respectueuse estime et de mon tendre attachement.

Le vieux malade de Ferney.

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