AU MÊME
A Ferney, 13uigiute.
Je VOUS supplie instamment, monseigneur, de lire et de faire lire cet écrit sur une affaire qui me parait intéresser la plus saine partie de l'État. Je m'en rapporte à votre jugement. J*ose même ajoutée que voilà une de ces occasions où les pairs du royaume devraient rendre la justice.
Souffrez que je vous représente encore qu'un des comptoirs de ma colonie a bientôt achevé la montre que vous avez permis qu'on vous envoyât pour les noces de madame la comtesse d'Artois. Ayez la bonté de me dire si vous voulez qu'on vous l'envoie. Je la ferai partir sous le couvert de M. le duc d'Aiguillon. Il est important pour ces pauvres artistes d'être sûrs de vos ordres, pour ne se pas consumer en frais inuliles.
Je vous réitère que vous pourriez faire l'acquisition de trois acteurs, que sûrement l'envie de vous plaire rendrait excellents» et peut-être un jour supérieurs à Lekain. Je suis consolé dans mes souffrances continuelles par l'espérance que vous avez bien voulu me donner de prendre sous votre protection Sophonùbe et les Lais de Minos. Je me console surtout par l'idée d'aller vous faire ma cour à Bordeaux, si vous y faites un voyage, et si je ne fais pas celui de l'autre monde.