‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 234 sur 405 · A MADAME LA COMTESSE DU BARRY · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE DU BARRY

A Fernfiy, tO leptembre.

Madame, M. le maréchal de Richelieu voulut bien

^ Le duc de Richelieu lui a^ait fait promettre de n^envoyer cette tragédie qu'à lui seul, sous peine de ne pas la laisser Jouer. * Ami du duc d'Aiguillon^ ministre des affaires étrangères.

m'écrire, il y a quelques mois, qu'il accepterait plusieurs montres, fabriquées dans les manufactures de Ferney, pour les présents destinés aux personnes qui accompagneraient madame la comtesse d* Artois, il me manda, depuis, que tous aviez la bonté de vous charger de ces présents.

Je prends donc la liberté, madame, de vous adresser un essai des travaux de la colonie que j'ai établie dans ma terre. Cette montre est ornée de diamants, et, ce qui vous surprendra, c'est que les sieurs Ceret et Dufour, qui l'ont faite sous mes yeux, n'en demandent que mille francs.

Vous protégez tous les arts en France, j'ose espérer que vous protégerez nos efforts. Je me croirai bien récompensé d'avoir établi des artistes industrieux, d'avoir acquis à Sa Majesté plus de six cents nouveaux sujets des pays étrangers, et d'avoir changé un petit hameau, pauvre et mal sain, en une espèce de petite ville assez jolie, si mes soins ont le bonheur de vous plaire.

La montre que j'ai l'honneur de vous présenter n'est malheureusement pas à répétition ; mais si vous en vouliez, non-seulement à répétition, mais à chaîne de marcassites, vous seriez étonnée qu'elles coûteraient un tiers de moins que celles de Paris. Ce serait, madame, une grande consolation pour ma vieillesse, si je pouvais jamais me flatter qu'il sortit quelque chose de Ferney qui ne fût pas indigne de vos regards et de votre protection.

J'ai l'honneur d'être avec respect, madame, etc.

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