A M. LE CHEVALIER DE USLE
. . À Fcrney, îi nart. .
Le vieux malade, monsieur, et sa nièce, vous remercient plus que jamais. Tétais accablé de mai|x quand je reçus votre lettre du 17 mars, et je les ou^ bliai tous. Je vous avais encore Tobligation de in'avoir
< Chambellan de l'ioipératriee de Rottie. > Conseiller au parlement, que les Mémoires de ^aumarchals ont rendu célèbre, s Capitaine de dragons. -
344 LETTRES lIfÉDITES
écrit le 24 février, et je n'avais pas manqué de vous dire, sous Tenveloppe de M. le duc de Coigny, combien je suis sensible à tout le plaisir que vous me faites; je n*ai point d*autre adresse. Vous m'écrivez des choses charmantes sur les autres, et vous ne m'avez rien dit de vous. Je ne sais pas seulement où vous demeures ; peut-être ne demeurez-vous point, peut-être voyages» vous de belle en belle et de château en château, comme les anciens troubadours et les anciens héros.
Je hasarde encore ce petit billet-ci à l'adresse de M. le duc de Coiguy, pour vous dire qu'il n'y a rien au monde de si plaisant que toutes ces aventures qui viennent de se passer, excepté la peinture que vous en faites.
Si les quatre petits vers à l'honneur des talents et de la modestie de M. le marquis* ne sont pas de vous, ils sont donc de quelqu'un qui a autant d'esprit que vous, et qui entend parfaitement la bonne plaisanterie. Je suis bien aise qu'il y ait deux personnes dans Paris qui puissent faire de si jolies choses.
Je ne suis point étonné qu'on ait tant ri de Orisptn'- Rival. J'en ai ri aussi longtemps et aussi haut que le parterre. J'en suis encore tout honteux ; car cela ne
> Le marqaJs de Peiay, aoteor des CaimpagtM* de MtMMUf d*ane traduction de Catulle» de ZélU au bakn, etc.; maïquis, | teur et poète également ridieule. Voici le quatrain :
Ce garçon « beaucoup acquit.
Beaucoup aequia, je tous auore, Il a^ett faitpoëte et marquii, SI tous deux malgré la nature.
Masaon de Peuij est mort en 1777.
sied pas à la gravité de ma vieillesse ni au sérieux de ma maladie.
Oui, vraiment, j*aime madame Du Deffant, et je Taimerai toute ma vie, eussé-je ceut ans et elle aussi; mais comme elle ne m*écrit point, et que je n*écris guère, ma passion pour elle consisle dans les regrets. Si, dans vingt ou trente ans d'ici, je faisais un petit voyage à Paris, ce serait pour \ous entendre tous deux. Mais j'ai un petit malheur, c'est que je suis beaucoup plus sourd que ne rétait le président HénauU. Je perds mes cinq sens. On prétend qu'il me reste une âme , je le veux croire; mais en vérité cela ne suffit pas. Supposé que j'en aie une, elle est pénétrée pour vous, monsieur, d'estime et d*amitié, et tout ce que je désire, c'est que vous veniez voir encore M. Tissot ou le méde» cin des urines.
Recevez les très-tendres respects de Y.