‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 250 sur 405 · Î. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE WCHELIEU · texte numérisé non relu

Î. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE WCHELIEU

A Feniey, Iw mai.

Si je n'apprenais pas, par une lettre du 29 avril, la maladie du roi, dans le même moment que je reçois votre lettre du 26, je vous dirais, monseigneur, que je n'avais pas osé vous excéder d'une plate rapsodie indigne de vos regards, occupés alors de canons et de détails militaires ; je vous dirais que je n'ai pas cru que de misérables querelles littéraires dussent parattre^ devant mon héros. Mais dans la crise où Ton doit être,, je ne dois vous parler que des alarmes que vous éprouvez ê

La lettre du 29 dont je vous parle, me dit qu'on avait été saigné ' deux fois, et que l'éruption avait cansé de l'assoupissement. Il faut espérer que les deux saignées, faites si à propos, auront écarté tout danger.. Cependant on tremble toujours pour l'événement, surtout quand on est à plus de cent lieues. Si la bonn^ constitution rassure, l'âge donne de la crainte. Quelle que soit rissue de cette maladie dangereuse, je vois^ bien que vous ne partez pas si tût pour votre royaume. Votre attachement vous retiendra à la cour.

L'état où je suis ne m'empêchera pas de venir vous

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rendre mes hommages. La mort a été dans nos retraites sauvages. Tai perdu une amie intime qui coosolait ma décrépitude» et j*ai été fort malade après avoir conversé avec mon cheval Pégase ^ On fait une mauvaise plaisanterie le soir, et on meurt le lendemain matin. Voilà comme la destinée est faite.

La petite vérole peut n*étre qu*un dépurement du sang; elle peut avoir un caractère plus funeste. Je tous crois actuellement dans de grandes inquiétudes; elles seront finies, quand ma lettre vous arrivera : tout sera décidé. On ne m*a point mandé qu'il y eût un danger pressant. Je ne peux vous dire que des choses trèsvagueset très-inutiles sur cet événement si intéressant. Je crains même de vous fatiguer de ma lettre, et je dois me borner, dans ces circonstances critiques, à vous renouveler le profond respect et le tendre attachement, qui ne finira qu'avec la vie du vieux malade de Femey.

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