‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 252 sur 405 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Non-seulement, monsieur, vous êtes un homme aimable, mais vous êtes un homme unique. Votre pitié pour de pauvres reclus, voire exactitude , vos bontés sont sans exemple. Mais j'imagine que vous avez autant de discrétion que de bonté. On m'a écrit qu'une belle dame ' que vous n'aimez guère, a passé sa main blanche sur certaines excroissances de chair ^ qu'on appelle d'un nom dont je ne me souviens plus. Je ne sais pas non plus où cette dame loge. Son amant est, diton, un militaire qui a fait quelques campagnes et qui a la croix de Saint-Louis. On assure que ce militaire s'est moqué de son curé, et que c'est un brave homme qui traite, comme il faut, les choses de ce monde-ci et de l'autre. On dit qu'il s'était brouillé mal à propos avec un de ses amis ' ; c'est apparemment quelque querelle de femme danslaquelle je n'entre point.

Je ne suis point du tout étonné que madame Du Deffant ait eu les oreilles écorchées des vers et de la musique *. Quelques personnes m'ont mandé que tout

> Madame Do Barry.

* La petite vérole du roi.

* Le duc de Cboiseul.

^ L'opéra d'Iphigénie, de Gluck, qui venait d'être représenté, était attaqué violemoieut par les parlisans de i*ancienne musique. Voltaire va tout à l'heure rendre Justice k ce grand artiste. Madame Du Deffant n'avait raison que pour les vers de Du Rellet.

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joela ^ait du haut allemand, et qoa Ibs Français ne savent plus ce qu'Us veulent. Mais je m*en rapporte à vous sur les vers, sur la musique et sur la prose, et sur le chevalier de.SainWLouis. {fous vous remercions, nous vous embrassons ; vos lettres font la consolation de notre vie.

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