‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 253 sur 405 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

t3 mai.

Quand je vous dis, monsieur, que vous êtes un homme unique , ai-je tort? Vous avez la bonté de proposer des airs de Gluck pour Téducation de la petite-fille du grand Corneille. Si elle était élevée par madame Du Deffant, vous n'oseriez faire une pareille proposition. Mais, quoiquenousaimionspassionnément sur toute chose le cinquième acte à'Armide et le quatrième de Roland^ cependant la curiosité nous emporte jusqu*à chercher du Gluck, et, si cela est aussi bon que Couverture du Dései^ievr, nous croirons entendre d'excellente musique. Il est vrai que cette ouverture, qui me parait toujours un chef-d'œuvre, est entièrement dans le goût français ; mais quand les airs de M. Gluck seraient dans le goût turc ou chinois, nous vous aurons une obligation essentielle de nous les /envoyer.

Toute la musique de la France roulera sur des Te Deum dans peu de jours, à ce qu'on nous mande de tous les côtés ^

^ La cabale de madame Du Barry publiait que la Gon?atesoenc«de Jx>ais XV était prochaine. Le duc d'AiguilioD s'emporta violemmeat jBontre les médecins pour avoir mis le mot délire dans le boUetin di roi, la veille de sa mort.

BB TOLTAIRE (1711). 351

Le bon vieux laboureur et le bon vieux citoyen accepte volontiers ces deux titres dont vous le décorez. A regard de celui de bon homme ou de bon diable, il avoue qu'il ne Test point avec les Frérons et les Sabatiers; mais il se regarderait comme le plus méchant homme du monde, s*il n'était pas pénétré de toutes vos bontés, et s'il ne vous était pas tendrement attaché, aussi bienqu'à celui' qui a cru fort sérieusementqu'on était une espèce d'ingrat, parce qu'on détestait des pédants barbares.

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