‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 257 sur 405 · A MADAME DE SAINTnJULIEN · texte numérisé non relu

A MADAME DE SAINTnJULIEN

Perncy, 8 juin.

Il y a tantôt deux ans, madame, que le malade qui en a quatre-vingts n'est presque point sorti de son lit. il n'a d'autre voyage à faire que celui de Vautre monde. Divertissez-vous dans celui-ci, tant que vous pourrez : le temps est court, et il faut le prendre; mais votre cœur bienfaisant est toujours plus occupé de rendre de bons offices que de chercher les plaisirs. Je suis pénétré de vos bontés; j'ose vous supplier de vouloir bien dire à M. le prince de Beauvau combien je suis sensible aux siennes. Rien n'est plus sensé, sans doule, que de ne rien dire et de ne rien faire; c'est le parti le plus convenable à beaucoup de gens, et surtout à un vieux malade qui n'est plus bon à rien. Il est triste de n'avoir à vous offrir, madame, qu'une stérile reconnaissance, un attachement inviolable et des regrets ; mais on ofire ce qu'on a. Vivez heureuse, le vieux bonhomme mourra content.

* On l/)ui8 XVI renonçait au droit de Joyeux avènement, II. 23

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