‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 283 sur 405 · A MESSIEURS DE LA RÉGENCE DE MONTBÉUARD · texte numérisé non relu

A MESSIEURS DE LA RÉGENCE DE MONTBÉUARD

Messieurs, votre lettre du 30 octobre me jette dans un funeste embarras. Vous ignorez peut-être que j*ai établi à Ferney une colonie et des manufactures qui ne peuvent subsister que par le» secours que je me suis engagé à leur fournir tous les trois mois. Je n'ai point manqué jusqu'ici à mes promesses, et tout est détruit si je manque un seul payement.

Je vous prie de considérer qu*à mon âge de quatrevingts ans, une année de délai est un siècle.

Cependant mon respectueux attachement pour S. A. S. ^ remportera dans mon cœur sur le contretemps cruel que j'éprouve.

* U Passé et le PrésetU, tUnces en rbonoeur des réformes de Torsot. (Buvr, comp., t. XU.

* Le due de BoiiUk».

Je VOUS prie du moins de me faire payer des quartiers qui me sont dus, d^ailleurs, sur la caisse de Montbéliard ; sans quoi il me serait absolument impossible de soutenir ma maison et de vivre. Vous ne voudrez pas réduire ma vieillesse à l'indigence, pour le prix du petit service que j'ai eu le bonheur de rendre à monseigneur le duc.

Ayez la bonté de vouloir bien me mander sur quel pied vous comptez me rembourser des derniers 80,000 francs que je vous ai prêtés, quels arrangements vous prenez, quels ordres vous donnez à vos receveurs ou fermiers. Vous pouvez m'envoyer un tableau des sommes et des échéances, signé de vous. Il n'y a rien que je ne fasse pour témoigner mon entier dévouement à S. A. S. et pour vous plaire.

J'ai l'honneur d'être avec respect, messieurs, votre, etc.

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