A M. LE CHEYALIEll DE CHASTELLUX
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Je De sais, monsieur, si vous avez été reçu, mais je suis bien sûr que si vous Tavez été, c'est un des plus beaux jours de notre Académie. Vous ne sauriez croire combien je suis fier d'être votre confrère.
Oui, sans doute, j'avais déjà reçu votre première lettre, dans laquelle vous daigniez me parler avec trop de modestie de la justice que le jeune auteur de Don Pèdre vous avait rendue à l'égard du Voyage de la Maison ei de la Vérité; je crois qu'elles termineront leur course dans l'Académie le jour que vousy parlerez.
Madame Denis a été très-dangereusement malade dans notre ermitage depuis plus d'un mois; j'ai craint beaucoup pour elle. Je ne tiens plus à la vie que par Vamitié.
Je ne sais, monsieur, si vous avez vu une épttre d'un prétendu chevalier de Morton à M. de Tressan; j'ai été très-affligé que M. de Tressan m'ait pris pour ce Morton. Si la Raison a rencontré M. de Tressan dans ses voyages, elle aurait bien dû lui conseiller de ne pas faire imprimer des choses si dangereuses. Il me semble que quand on met son nom à un ouvrage, on ne doit pas dire si crûment ce que vous avez fait entendre si finement. Nous avons des ennemis qui nous combattent avec des armes trop respectées. Je vous respecte assurément plus qu'eux; mais je les crains.
* MiliUirc et homme de lettres, mort en 1788. Son livre de la Vél^ cité publique eet Juetement estimé.
Dès que votre discours sera imprimé, je vous supplie, monsieur, de vouloir bien m'en faire part; je mettrai ma félicité particulière à c6té de \h Félicité publique,