A M. LE BARON D'£SPAGNAC
A Ferney, 1 9 angnsle.
Deux invalides qui sont dans mon voisinage me chargent de vous demander une grâce. Ils ont entendu dire que vous aviez de la bonté pour moi. Ils ne savent pas peut-être que je ne dois point en abuser, et que je dois me borner à vous remercier de toutes celles que vous m'avez faites. Je ne les oublie point, quand je relis V Histoire du maréchal de Saxe et le manuscrit d'un Jeune théologien qui devrait être à la tête d'un régiment et d'une académie.
J'ai l'honneur d'être, avec la reconnaissance la plus respectueuse, monsieur, votre, etc.
92â. — A M. LE COMTE DE SCHOMBERG.
Ferney, ÎO auguste.
Le vieux malade de Ferney reçoit, monsieur, dans ce moment, la lettre dont vous l'avez honoré, du 10 auguste, datée de Perpignan ; il est consolé de tous ses maux par le souvenir dont vous l'honorez. Vous le ressuscitez déjà par l'espérance que vous lui donnez qu'il aura l'honneur de vous faire sa cour à votre passage par notre quatorzième canton suisse.
Madame Denis, qui a été très-malade, et qui est en convalescence, se dispose à avoir l'honneur de vous recevoir. Vous sentez combien nous sommes flattés de la bonté que vous avez de venir dans notre petit ermitage.
Je suppose que vous êtes actuellement occupé de l'inspection des troupes; vous daignez venir vous
délasser de vos travaux dans notre paisible campagne, où nous ne sommes occupés que d'établissements pacifiques. Vous verrez peut-être chez nous la sœur de M. le marquis de la Tour du Pin *, qui est très-attachée à monseigneur le duc d'Orléans; mais vous ne verrez jamais personne qui vous soit attaché, monsieur, avec plus de respect et avec plus d'envie de vous présenter ses sincères hommages, que le vieux malade de Ferney .
31 attgmte.
Mon cher ange, j'ai reçu votre consolante lettre du il auguste, ou août, comme disent les barbares. Je vous avoue que je ne comprends guère encore pourquoi M. de La Reynière ayant pu m'envoyer des imprimés, il n'a pu recevoir de moi des imprimés. Il me semble que, si ses confrères laissaient passer à la poste ce qu'il envoyait, ils auraient pu laisser passer aussi les imprimés à lui adressés. Il me semble encore qu'après les avoir ouverts et les avoir lus, on aurait pu ne pas me les retenir, puisqu'ils contenaient une requête au roi très-sage, très-circonspecte, et jugée telle par le petit nombre des hommes d'Etat qui l'ont reçue. Mais je dois respecter les lumières et les volontés des hommes supérieurs qui auront sans doute jugé que cette requête, quoique très-raisonnable et très-touchante, n'était pas convenable dans le temps pré-
Je ne peux m'imaginer qu'un homme très-puissant, et qui pense comme vous sur des choses essentielles,
^ Madame de Saint-Julien.