II
AU UmUKS INÉDITES
ait imaginé, à Tàge de soixaDle^atorae ans S de mortifier un homme de quatre-Tingt-deux. II me cmt autrefois dans la confidence de iL le maréchal de RiehelieUy et il ne me cacha pas qu*il en était très-irrité. JlgDore même encore s'il a été détnmipé depuis; j*ignore s'il me conserve de Taversion ou de la bonté ou de rindifférence ; tout ce que je sais, c'est que mes paquets furent arrêtés, il y a environ deux mois, et que je dois me taire.
Comme dans ces paquets il y avait une longue lettre pour M. le maréchal de Duras, et que celte lettre a été perdue, j'en ai écrit une autre dans laquelle j'ai dû me justifier auprès de M. 1c maréchal de ne lui avoir point répondu sur son discours à rAcadémic. Je lui expliquais fort au long que je lui avais répondu sur-le-champ par M. de La Reynière; je lui parlais des Filles de Minée et de la diatribe que j'avais mise dans mon paquet perdu. Cette dernière lettre lui a été rendue, et voici les six lignes qu'il me répond, du 5 de ce mois. Lise2, je vous prie, ces six lignes; elles ne répondent en aucune manière à ce que je lui mandais : elles me parlent d'une place pour les spectacles de Fontainebleau, dont il n'a jamais été question. Je suis persuadé que c'est encore là une méprise, et que M. te maréchal de Duras aura mis mon adresse sur un billet qu'il écrivait à un autre.
€ette vie est toute pleine de quiproquo continuels; on est bien embarrassé, quand il faut tirer les choses au clair à cent lieues.
^ Le comto de Maurepas, ministre d*Ëtat.
DE VOLÎAIHE (1775). 435
Je suis dans le même embarras entre le papillon philosophe et M. de Richelieu ; et pour éviter ces iuconvénientSy le papillon daigne se faire une retraite fixe a Ferney pour y passer six mois de Tannée* Sa maison sera très-jolie et fera le plus précieux ornement de la colonie naissante. J'étais déjà bien étonné que mon horrible désert fût devenu quelque chose d*agréable. La résolution de Papillon-philosophe augmente ma surprise ; je crois que toute cette aventure est tirée des Mille et Une Nuits. Je nage entre les plaisirs et les chagrins, entre les espérances et* les craintes. Ma colonie m'enchante autant qu'elle m'occupe; mais ce qui s'est passé dans une certaine assemblée, aux Jacobins de Paris, me transit d'indignation et de frayeur.
Je vous écris sous l'enveloppe de M. de Vaines, et cependant je n'ose vous dire tout ce que je pense. Que œ puis-je venir souper avec vous dans votre palais de Paris, et vous ouvrir un cœur qui sera pénétré pour vous de tendresse et de vénération jusqu'au dernier moment de ma vie !