A MADAME DE SAINT4ULIEN
à. Femej 29 novembre.
L'apoplectique éthique n'a qu'un moment pour dire h sa protectrice que Panrier le cliarge d'une montre pour elle, et que cette montre part dans le moment à l'adresse de M. d'Ogny.
U ne sait rien d'ailleurs des affaires de ce monda; il apprend seulement qu*il est très-vrai, très-constant qu'on a été jésuite cinq ans \ en comptant deux ans de noviciat. On en est sorti en 1730; comptez.
Je suis très en peine de Taventure de l'abbé Raynal^ Le mari de ma dauphine sert des gens bien dangereux. La maison dauphine n'est point ouverte, et ne le sera pas si tôt. Racle a couvert la sienne; la maison abattue par l'orage n'est plus qu'une ruine affreuse. Je ne sais rien, d'ailleurs, ni des fermiers généraux, ni du prétendu commissaire départi, qui n'est qu'un opprimé de parti, ni de l'empressé Crassy, qui a du moins le bonheur d'être à présent aux pieds de la protectrice. J'ignore absolument oi!i en est l'affaire du vainqueur de Mahon; j'ignore tout, et je ne m'occuperai qu'à regretter la protectrice.
A Feney, a déeenibn.
Je sais, monseigneur, qu'il ne faut pas fatiguer Ibs ministres de ses lettres; mais vous ne m'empêcherez pas de vous dire combien je suis pénétré de reconnaissance de ce que vous daignez faire pour mon pauvre petit pays de Gex. Je ne doute pas que nos États n'aient les mêmes sentiments que moi.
Je me flatte que vous êtes quitte de votre accès de goutte. Je vois avec la même joie que vous êtes délivré de je ne sais quels petits frondeurs qui osaient s'élever contre le bien que vous faites. Ces chenilles, qui
^ Le comte de Saint-Germain.
* n était pooraulTi pour ses ouvrages.
rongeaient les feuilles, sont obligées de respecter les fruits.
Je ne jouirai pas longtemps du nouveau et grand spectacle que vous donnez à la France ; il sera cher à la postérité, et je mourrai avec la consolation d*en avoir vu les commencements.
Agréez le tendre respect, rattachement et la reconnaissance du vieux malade de Ferney.