‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 338 sur 405 · A M. LE BARON ITESPAGNAC · texte numérisé non relu

A M. LE BARON ITESPAGNAC

À Femey, 1 i janvier 1776.

Il n'y a guère d'invalide plus invalide que moi ; mais aussi il n'y en a point qui vous soit plus attaché. Je suis pénétré de toutes vos bontés. Serait-ce en abuser que d'oser vous demander s'il est vrai que vous n. 30

ajfêÉ filftrlé monsieur votre fils à mademoiselle Triss^^ atec titie simple permission du roi, sads être obligé de faire ouvrir une si jolie porte pal* les elefs de saint I^iefre? Un tel exemple contribuerait au bonheur de là France et à la gldif é du roi.

Ce ti*ést pas sans raison , monsieur/ que je prends la liberté de ni'informer à Tous-méme si le bruit qui a taUt couru, est téhtable. J*achèye mes jours dans Qh pays dont toutes les familles soupirent après la liberté qu*on dit que vous avez obtenue. Mais vous méritée des distinctions que d'autres demanderaient pdUt-être vainement.

Jfe vous supplie, monsieur, de regarder surtout \û question que je vous fais comme Teffet du véritable intérêt que je prends à tout ce qui tous regarde.

Agréez la reconnaissance et le respect avec lesquels je serai, jusqu'au dernier moment de ma Vie, monsiëUl^j votre, etc.

95ë. — A M. Dfe iAtJConif.

Je vous dois les mêmes Remerciements que notre petite province, et je suis très-sensible à la bonté que vous avez de me donner part du bien que vous lui faitëS: Gofflitle messieurs du conseil sont accoutumés à recevoir encore plus de requêtes que d'actions de grâces, je prends la liberté devons soumettre un placet au roi des fabHcatits dferflohtres établis à Ferney. Si ce placet Vous paraissait, monsieur, mériter quelqtie attention j je vous supplierais de vouloir bien en parler avec M. le botttrôleur général. Tout ce qui est

* felle éuit piDtedtanté.

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énoncé dans cette requête est très -véritable. Nous sommes bien peu de chose , je Tavoue; mais nous travailloniy nous faisons entrer des espèces dans le royaume, nous y attirons des étrangers, nous peuplons, et nous ne demandons d'autre secours que la liberté d*être utiles.

Quand je dis que nous peuplons, ce n*eflt pas moi qui parle, ce sont mes colons; à moi n'appartient tant d'honneur; mais si je ne fais pas d'enfants, j'en fais faire; j'ai une multitude de petits garçons que leurs pères ramèneront en Suisse, en Savoie, en Allemagne, s'ils ne sont traités favorablement sur votre frontière. J'oserais donc, monsieur, demander votre protection pour eux et celle de M. de Trudaine. Il n'est pas possible que le conseil rejetât ce que vous approuveriez, l'un et l'autre.

Permettez-moi de joindre à la reconnaissance que je tous dois, celle que je conserverai Jusqu'au dernier jour de ma vie pour M. de Trudaine et pour mesdames Vos filles, qui m'ont honoré de tant de bontés lorsqu'elles ont passé par mes déserts. Je suis affligé de mourir sans venir me mettre à leurs pieds.

Agréez le profond respect avec lequel, etc.

9»9. — A M. DE LA HAflPE.

Mon chef philosophe éloquent , ceux qui ne le seront pas seront toujours nos ennemis. Un athée débauché se fera gloire de dénoncer les sages pour cause de religion. Je suis loin des méchants, je voudrais être encore plus loin. Vous êtes appelé à corn-

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liallre; combailez et Iriomphez, tandis que je meurs inutile. Que Dieu conserve à la France M. de Turgol, M. de Malesherbes; leurs noms passeront à «la postée rite avec le vôtre. Buvez à ma santé, mon brillant ami» avec les deux héros de la raison, M. d*Alemberi et M. de Condorcet, chez votre digne ami, M. de Vaines. Que ne puis-je y venir et repartir sur-lechamp I

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