A M. DE CHABANON
25 mars.
J'ai interrompu ^ mon cher ami, ma longue agonie et les tristes soins qu'exige ma colonie dans mes derniers jours, pour écrire le plus fortement que j'ai pu sur ce qui vous est dû avec tant de justice '. Je suis si enterré loin du monde , que je ne sais pas quel est l'abbé Millot dont vous me parlez.
Il y g depuis un an un Théocrite en vers anglais qui m'a paru un très-bon ouvrage^. Vous pourriez aisément vous le procurer à Paris.
Vous me dites que M. de Sainte -Palaye tombe étrangement; je vous réponds que je tombe plus que lui, et que ma place sera la première vacante. La maisonnette qui est dans les bois de Frangins , dont vous me parlez, appartient à mon ami Wagnière qui a du bien dans ce pays-là.
Votre lettre n'est point datée. Vous ne me dites rien des édits, ni du lit de bienfaisance, ni du ministre qui le premier, depuis la fondation de la monarchie, s'est déclaré le père du peuple. J'aime mieux ses écrits que les idylles de Théocrite , excepté quand vous les traduisez. Votre, etc.
A Ferney, 17 man.
Je ne sais pas , monsieur , si on fera d'itératives re-
1 Une place à TAcadémie.
* De Fawkes, poète distingué, mort en 1777.