‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 352 sur 405 · A M. DUPONT DE NEMOURS · texte numérisé non relu

A M. DUPONT DE NEMOURS

7 ârril.

J'ai été bien étonné , monsieur, de recevoir deux paquets d'Angleterre contre-signes Turgot. Le premier était de M. le grand chancelier d'Angleterre avec une lettre d'un maître des rôles, dignité qui répond à celle de maître des requêtes parmi nous. Le second paquet était une lettre du même magistrat. Je vous envoie l'enveloppe de cette lettre telle que je l'ai reçue.

Si c'est par vos mains que ces lettnes ont passé, je vous supplie de vouloir bien m'en instruire.

Je ne conçois rien à ce qui est écrit sur l'enveloppe, refaire le paquet et remettre Vadretse. Mais puisque le tout était contre-signe dans un des bureaux de M. le contrôleur général, je crois ne pas mal faire de vous adresser ma réponse à cachet volant , en vous suppliant de vouloir bien ordonner qu'on fasse partir ma lettre après avoir fermé le cachet avec un peu de cire. Je vous demande pardon de vous importuner pour cette singulière aventure.

Je serais tenté de saisir cette occasion pour vous demander si vous n'avez pas entendu parler de certains deux mille huit cents minots de sel qu'où dit avoir été promis à notre petit pays ; mais je sens que dans ces moments-ci M. le contrôleur général a des affaires un peu plus importantes que celle de saler notre pays. Il songe à rendre la France aussi heureuse que l'Angleterre est à plaindre.

Conservez, monsieur, un peu de bienveillance pour votre, etc. Le vieux malade de Ferney.

DE VOLTAIRE (1716). «fô

Page 1