‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 357 sur 405 · A M. MARIN · texte numérisé non relu

A M. MARIN

17 nui.

Vous voyez, monsieur, qu'il y a une providence; non-seulement j'ai enterré dans la même année La Beaumelle et Catherin Fréron , mais j'ai reçu une invitation de me trouver aux obsèques de Catherin. Une femme, qui est ou sa veuve ou sa proche parente, m*a écrit une lettre anonyme assez bien faite pour me

DB VOLTAIRE (1776). m

prier^ uon-seulement de pardonner au défunt^ mais encore de marier sa fille, attendu que j*ai marié la pelite-flUe de Corneille. J*ai répondu que si Catherin Fréron est Fauteur du Cid et de Cinna, je doterai sa fille sans difficulté.

Il n*y a pourtant pas d'apparence que j*aill6 à Paris pour faire la noce : je suis trop vieux et trop malade ; mais je donnerai ma procuration à M. Tabbé Sabatier. Si je pouvais faire le voyage, ce serait pour vous embrasser. J*aimerais bien mieux souper avec vous que de marier mademoiselle Fréron.

Ftrmy, %i ftiai.

Nous voici donc, monsieur, dans le temps où les édits deviennent des monuments de bienfaisance et de raison qui iront à la postérité. Celui des vins surtout vaut mieux que toutes les chansons à boire que la nation chantait autrefois, et qu'elle ne chante plus.

Nous avons possédé quelques jours M. de Trudaine, lui sixième ; il a été reçu comme un des bienfaiteurs de notre province; c*est le plus affable et le meilleur des hommes.

Je me flatte qu'aujourd'hui M. de La Harpe est de TÂcadémie. Il faut bien qu'à la fin justice soit faite. Pourquoi faut-il que je sois hors d'état de faire le voyage? j'aurais la consolation de lui donner ma voix; j'aurais surtout celle de vous dérober quelqu'un de vos moments, de vous parler de M. Turgot, et de vous ouvrir mon cœur qui est plein de lui et de vous. Le vieux malade. <-« Y.

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