‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 360 sur 405 · A M. MARIN · texte numérisé non relu

A M. MARIN

24 juin.

Monsieur le philosophe, avez-vous tellement renoncé

général des flnaneet l« it mal précédent. Cett afirès aa letratte fuê

VoMnIre lui adr«afl Tépltre qui eomoieiiee par ces vera :

PhilofapliB iBéilfltal, ainlilre ciloytii.

Qui ne cherchei le trai ^e pour faire le bien, etc.

* Malesberbes.

* Séêostriê, conla m vera. — OSuv. emnp., t XiV.

au monde I que vous ne soyez pas informé du dernier acte de la tragi-comédie des Yérons et du fameux cocher Gilbert ? On me mande que ce Gilbert, que tant d'avocats avaient traité de Caton, est enfin reconnu pour un Cartouche, et qu il est actuellement dans les cachots du Châtelet pour vol et pour crime de faux. Voilà M. Linguet bien justifié, et les avocats qui s'étaient élevés contre lui bien confondus. Je vous demande en grâce de m'apprendre où en est cette affaire. Une telle aventure doit, ce me semble, faire rentrer en eux-mêmes ceux qui soutinrent avec tant d'acharnement et d'absurdité le roman de cent mille écus portés en treize voyages, et la vertu du cocher Gilbert encore plus incroyable que les cent mille écus. Cela doit bien apprendre à nos Parisiens à précipiter un peu moins leurs jugements. Mais nos Parisiens ne se corrigeront pas. Les convulsionnaires feraient demain une Saint-Barthélémy, et les abonnés de l'Opéra se battraient après- demain pour une danseuse, si on les laissait faire.

Quoi qu'il en soit, je vous prie très*instamment de vouloir bien vous informer de ce qu'est devenu Caton Gilbert. Est-il pendu? Est-il aux galères, ou achètet-il une charge de conseiller au parlement, comme son ami Dujonquay en devait acheter une?

N'oubliez pas le solitaire votre ami, qui écrit rarement, mais qui ne vous oubliera jamais. — V.

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