‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 361 sur 405 · A M. LE MARQUIS ALBERGATI CAPAGELU · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS ALBERGATI CAPAGELU

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Je ne m'attendais pas, monsieur, à Thonneur que

VOUS me faites de me ressusciter, moi et mes enfants ' ; vous les faites assurément mieux parler en italien que je ne les fais parler en français. Leur parrain vaut bien mieux que leur père. Agréez les derniers remerciements que vous fait un vieillard près de quitter ce monde. Je mourrai avec le regret de n*avoir pu vous faire ma cour chez vous, mais avec toute la reconnaissance et la respectueuse estime que vous avez depuis longtemps inspirée, monsieur, à votre, etc.

5 juillet.

Le vieux malade de Ferney, monsieur, se recommande toujours à votre souvenir. Il suppose que vous avez à présent plus d*une affaire; mais il suppose aussi que vous avez eu le plaisir d*assister à la réception de M. de La Harpe. Je lui dois des remerciements bien vrais et bien tendres. Son amitié est aussi courageuse qu'éloquente; et,s*il a passé les bornes en parlant de moi, je ne lui en ai que plus d*obligalions. Il a cru devoir opposer quelques exagérations à celles que mes ennemis m*ont prodiguées. Permettez que je mette sous votre enveloppe la lettre que je lui écris.

Je n*ai fait encore aucune démarche auprès de M. de Clugny^ pour mon petit pays et pour ma petite colonie. Je ne sais point si nous aurons le sel qu*on nous a promis, et pour lequel nous payons trente mille livres par an à la ferme générale.

1 Albergati Tenait de traduire ses dernières pièces. * Le nouveau contrôleur général, qui ne le fut pas longtemps; car il mourut l'année suivante. 11 avait été intendant de Bordeaux.

J'ignore aussi quel parti Ton prend sur les corvées et sur les maîtrises. Le coin de terre que j*babite est dans une position singulière, ayant été déclaré province étrangère! et n'ayant pu jouir des avantages qu*i1 a chèrement achetés. Je n'en ai pas même encore parlé à M. de Trudaine. J'ai cru que, dans ces premiers moments, il fallait laisser aux ministres le temps de se reconnaître, et ne les pas fatiguer par des demandes indiscrètes. Je ne vous parle en général de mes inquiétudes sur ma petite province et ma colonie qu'encouragé par toutes les marques d*amitié que vous avez bien voulu me donner, et par l'extrême indulgence que Yous m'avez toujours témoignée. Conservez-moi, monsieur, des bontés qui me seront toujours chères, et dont la reconnaissance ne finira qu'avec la vie du vieux malade de Ferney.

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