‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 384 sur 405 · A M. DE CONDORCET · texte numérisé non relu

A M. DE CONDORCET

Ferney, 31 octobre.

Mon cher philosophe, M. Bitaubé, qui partait avant-hier pour Paris , s'est chargé , pour M. d'Alembert et pour vous , de deux exemplaires du Prix de la Justice et de l'Humanité , brochure dont vous reconnaîtrez Fauteur, et qui est une satire de notre jurisprudence criminelle.

L*on m'a dit à Genève qu'on y imprimait, avec des augmentations, un Éloge de Pascal. Cette nouvelle édition sera bientôt achevée , et je vous en ferai parvenir un exemplaire.

J'ai parlé plusieurs fois à M. de Voltaire d'une certaine lettre de Fénelon à Louis XIY, que j'ai lue chez

DE VOLTAIRE (1777). Ui

mademoiselle de l'Espioasse, et dont M. d'Alembert, M. Tabbé de Mauri, ou M. de Saint-Chamant, doivent avoir une copie. M. de Voltaire désirerait vivement que vous m'adressassiez cette copie , qu'on s'engage à ne point laisser copier, et qu'on renverrait avec exactitude après l'avoir lue.

J'apprends par H. Cramer, qui est de retour de Paris, que les petits MM. de Chabot viennent passer un an à Genève, et qu'ils doivent y arriver à la fin du mois prochain.

Est-ce M. de Cbabanon qui sera de l'Académie?

Je vous prie de me rappeler au souvenir de M. votre oncle» et de présenter mes respects à madame votre mère. Si je pouvais suppléer ceux auxquels vous vous êtes adressé pour elle à Genève , j'espère que vous ne me ménagerez pas. Si Clausonnette n'est pas dans ce moment-ci un courtisan de Fontainebleau , voudriezvous bien lui dire mille choses de ma part?

Je vous suis à jamais, mon cher philosophe, le plus inviolablement, le plus tendrement attaché.

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