A M. L'ABBÉ DUVERNET
Paria, tS (éTrier.
Le vieillard, arrivé à Paris excessivement malade,
681 bien consolé par la lettre que M. Tabbé Duvernel lui fait rbonueur de lui écrire; il le sera encore plus si M- Tabbé veut ]ui faire Thonneur de venir chez lui. Tous les jours seront bons et toutes les heures. Je le remercie de son petit mémoire sui* Le Kain ' ; c'est un ouvrage nécessaire à la littérature.
1033. — A M. TRONCfflN.
27 férrier.
Le vieux malade du palais Yillette demande à son sauveur du Palais-Royal si l'enflure aux jambes qui continue toujours, avec un reste de stratigurle, ne pourrait pas produire, à l'âge de quatre-tingl-quatré ans, une hydropisie que ledit malade regarde comtne un mal de famille. Il ne serait pas fâché d'être rassuré par un petit mot d'Esculape Tr.
Son très-humble et très-obligé servileuf .
AUTBOB D*UII POBKB SOB L'ârUOOTIB.
Ferney, 17 man 177Ô.
Des nouvellistes de Paris, qui disent toujours vrai, comme chacun sait, ont fait courir le bruit, moùsieur, que j'étais mort, et ils ne se sont guère trompés. J'ai été très-malade. C'est la raison qui m'a empêché de répondre plus tôt à votre lettre ingénieuse. Je vous remercie de cette lettre et du poëme qui y était joint. J'ai trouvé dans l'une et dans l'autre de res{)rît et du
1 Ce grand acteur venait de mourir le 8 février.
sentiment. Vous tous attendrissez sur les maux de l'espèce animale, qui sont presque aussi grands que ceux de Tespëce humaine. Continuez, monsieur, à cultiver les beaux-arts et la littérature. Les gens de lettres bons et sensibles, qui ne connaissent ni TenTie ni les cabales, me paraissent Télite de ce monde ; je me flatte que vous êtes de ce genre, et je vous en félicite. J'ai l'honneur d'être , etc.
Parts, le Si mars.
Le malade à qui madame la présidente de Meynières fait l'honneur d'écrire, n'a d'autre titre que celui de malade et de malheureux. Il était attaqué d'une strangurie mortelle et d'un vomissement de sang. Il est guéri de son vomissement; mais il ne l'est pas de la strangurie. S'il peut à son Age revenir d'un si triste état, il ne manquera pas de venir rendre ses respects à monsieur et madame de Meynières.
1056. — A M. LE œMTE DE ROCHEFORT.
Paris, t8 mars.
Je suis à peine réchappé, monsieur, de deux maladies mortelles à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, et mes tourments redoublent par les peines dont vous m'apprenez que vous avez été affligé, vous et madame de Rochefort. Je m'intéresserai à vous jusqu'au dernier moment de ma vie. Je vous serai attaché à tous deux avec la plus vive tendresse.
Paris, 81 man^.
Après trente ans d'absence et soixante ans de perse* cution, j'ai trouvé un public et même un parterre devenu philosophe, et surtout compatissant pour la vieillesse mourante. Mais ce qui me charme le plus, c'est la lettre et la bonté dont vous m'honorez, et l'indulgence de M. le président de Meynières.
J'ai l'honneur d'être avec une respectueuse reconnaissance, etc.
1058. — A M. LE BARON D'ESPAGNAG.
A Parts, 1 8 avril.
Monsieur, j'abuse à l'excès de vos bontés; mais aussi vous êtes le maître de ne répondre à mes requêtes que par des refus.
J'ose vous supplier de récompenser, s'il est possible, par une croix de Saint-Louis les anciens services de M. ManteU qui commande la brigade des invalides & Ferney. C'est un homme si exact à tous ses devoirs et si honnête dans tous ses procédés, que je n'ai pu me dispenser de vous présenter cette très-humble requête. C'est à vous de juger si elle est admissible, et si j'ai poussé trop loin mon zèle. Ce qui est, très-sûr, c'est que je ne pourrai jamais porter trop loin ma vive reconnaissance pour vos bontés et le respect avec lequel, etc.
DB L**CA»iHn »BS BCUITGlS, AU PALAIS-IOTAL.
Paris, It anii, à dix beores.
Pardon, pardon, mon cher maître, vous m'aviez I Après la représentation où son buste (ut couronné.
554 USTTRGA IRtOITeS
demandé des glaires; j'en al au aervice de toute la faculté. Je n'ai pu en conserver qu'une très-petite partie par de$ opérations très-humiliantes pour la nature humaine. Mais il ne faut point rougir de la nature. Vous savez, monsieur, combien le dedans est dégoûtant, si quelquefois le dehors est agréable.
Comment puis-je être continuellement empoisonné par tant de glaires dans les entrailles, lorsque je ne mange ni viande ni poisson? N'ai-je pas un besoin évident de dessiccatifs? Pouvez-vous me refuser un peu de quinquina? Je combats depuis quatre-vingts ans la nature en l'admirant. J'ai besoin de forces dans cette lutte continuelle, et j'admire comment Dieu, en nous abandonnant à tant de maux, nous a accordé tant de secours.
Enfin je vous demande la permission de prendre un peu de quinquina et un peu de vin sur les bords de la Seine, comme sur les bords du lac de Genève. Je crois n'avoir d'autre mal que ces glaires dont je vous parle. Elles rendent ma vie affreuse. Vos bontés la rendront tolérable.
1060. — A M. LE MARQUIS D'ARGENCE DE DIRAC.
, Parif, le 30 aTril.
Votre vieil ami de quatre-vingt-quatre ans, mon cher marquis^ est bien consolé de ses maux par voire souvenir.
Nous sommes bien malades, madame Denis et moi, dans une maison charmante. J'ai eu le plaisir de voir un de vos aimables enfants. Mes consolations viennent de vous. Mon triste état ne me permet pas d'en dire
DE VOtTAIflE (1Î78). JJS»
davantage, et je ne pourrais rien ajouter aux tendres sentiments que je conserverai pour vous toute ma fiB.