‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 5 sur 405 · A M. LE MARQUIS I/ARGENGE DE DIRAG · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS I/ARGENGE DE DIRAG

ITjanTÎer.

Je vous écris, mon cher marquis, mourant de froid et de faim au milieu des neiges, environné du régiment de Conti et de la légion de Flandres qui ne sont pas plus à leur aise que moi. J'ai été sur le point de partir pour Soleure avec M. l'ambassadeur de France; j'avais fait tous mes paquets. J'ai perdu dans ce remueménage l'original de votre lettre à M. le comte de Périgord. Je vous supplie de me renvoyer la copie que

VOUS avez signée de votre main, et sur*le-champ nous mettrons la main à l'œuvre et tout sera en règle.

Les Genevois payeront, je crois, leur folie un peu cher. Us se sont conduits en impertinents et en insensés. Ils ont irrité M. le duc de Choiseul; ils ont abusé de ses bontés, et ils n*ont que ce qu'ils méritent.

M. de Boursier ne peut vous envoyer que dans un mois ou environ les bouteilles de Coladon qu*il vous a promises. Ces liqueurs sont fort nécessaires par le temps qu'il fait. Elles doivent réchauffer des cœurs glacés par huit ou dix pieds de neige qui couvrent la terre dans nos cantons. Conservez-moi votre amitié, mon cher marquis; la mienne pour vous ne finira qu*avec ma vie.

47i.— A M. THIERIOT.

4 férrier.

Mon ancien ami, vous avez attendu trop tard; vous en serez puni; vous attendrez. Il fallait me parler de votre grenier dans le temps de la moisson. Tout le monde a glané, hors vous, parce que vous ne vous êtes pas présenté. Je vous promets de réparer votre négligence.

Je ferai venir les Révolutions de T Empire romain ', puisque vous m*en dites du bien. Je n'ai pas entendu parlerdeM.d'Orville; mais quand vous voudrez m'envoyer son livre' par frère Damilaville, vous me ferez plaisir.

^ De Lioguet, où ce sophiste entreprend la Justification de Tibère, de Caligula et de Néron même contre Tacite et Suétone.

> Les Pensées philosophiques de Voltaire, publiées en 17 GG par Contant d*0rvi]le.

6 LETTIIBS INfiMTES

Oq m*a eOToyé enfin Y Encyclopédie en feuilles ; je la fais vile relier, afin de la lire. Ce sera ma conscK lation au coin du feu, dans ce rude hiver. J*ai peu de loisirs; mais quand on ne sort jamais de chez soi, on trouve le secret d'employer la journée. Je m'occupe continuellement de TafTaire de Sirven qui sera dispendieuse« Je suis extrêmement content du mémoire que M. de Beaumont m*a envoyé; il est touchant et convaincant. Il est vrai que les Sirven sont comme vous; ils ont trop attendu; mais ils trouveront encore de la sensibilité dans les cœiirs. Le mien est à vous. Je vous embrasse.

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