A H. DE LA BORDE
l« mai.
Notre Chabanon arrive ; il a la plus grande opinion de mon Orphée de Versailles. Il nous a trouvés dans de grands embarras. Si mon Orphée trouve des épines dans ce meilleur des mondes, nous y trouvons des loups et des tigres. La boîte de Pandore est inépuisable. J'espère que votre belle musique adoucira les mœurs.
J'ai trouvé enfin la brochure que vous demandez ; je vous l'ênVoie, sachant bien qu'on peut tout confier à un homme aussi sage que vous. Ces petites plaisanteries des huguenots n'ébranlent pas votre religion ; elles n'ont jamais dérangé la mienne. J'ai toujours été bon sujet et bon catholique, et j'espère mourir dans ces sentiments.
Je suis bien fâché que M. Harmontel ait prétendu qu*il pouvait y avoir de la vertu chez des rois et chez des philosophes qui n*étaient pas catholiques. J'espère qw la ^rbonne, qui est le concile perpétuel 4es Ga^ules, préviendra le scandale qu*une telle opinion peut donner. On dit que le révérend père BonhommOi eordelier, prépare une censure admirable de cette hé* lésie. Yous, qui cultivez avez succès un des plus beaux arts, vous ne vous mêlez point de querelles théologi-* ques; vous vous bornez à faire le charme de nos oreilles et celui de la société.
- Que ditesrvous de votre chevalier qui va faire Tédu-* éation d*une mademoiselle de Provenchère? on m'écrit qu'elle est charmante, et la vraie fille d'une mère qui Tétait. Notre chevalier n'est pas un trop mauvais prér eepteur. Croyez^vous qu'il lui permette de mettre du rouge? Pensez-vous que l'esprit qu'on donpe à l^ jeune enfant dégénère entre ses mains? Faites passer la brodiure à ce chevalier» et dites^lui combien je Faime. .
648, ^ A ¥. LB COMTB D'AI\GENTAL.
' Je n'ai que le temps, mes anges, mes juges et mes patrons, de vous envoyer cette nouvelle édition iiou<vellement corrigée. Jugez ; je m'en rapporte à vous.
Je n'ai pas eu le temps de i^épondre à M. de Chau^ Velin.
N. B. M. de Chabauon joue encore mieux que M. de La Harpe.
i08 LETTRES INÉDITES