‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 53 sur 405 · KM. -* A M. DE BORDES · texte numérisé non relu

KM. -* A M. DE BORDES

se juin.

Le mémoire que vous m'avez envoyé, mon cher confrère, est un des meilleurs que j'aie encore vus ; i écrase la partie adverse sous le poids des raisons et sous les traits du ridicule. L'infâme chicane que vous

* U maréchal d« RiebeUeo, premier genUlbomme de la csha mbre

iiO LETTRES INfiDlTEÇ

attaqaez n'a point de détours et de replis qui puissent la dérober au bras victorieux qui la poursuit. Je tous réponds que le mémoire sera imprimé; mais il faudra que TOUS nous aidiez i le distribuer aux juges. Dès qu'on aura fini une nouvelle édition du Bolingbroke^ on se mettra tout de suite à votre mémoire. Je vous assure que vous rendez un grand service à Finnocence opprimée.

Oserai-je vous prier de vouloir bien revoir Tédition des Scythes que Périsse devrait avoir finie , il y a un mois ? il m*a envoyé les épreuves qui sont pleines de fautes. Je lui eu ai donné une liste de 53. Mais j*ai oublié, à la page 13, onvrons pour ouvrons. A la page 15, U faut un point après ce vers :

Ma jeunesse peut-être en fut épouvantée. A la page 33 :

Désespéré, soumis, mais surteuœ encore, etc. il faut :

Désespéré, soumis, mais furieux encore.

Je vous demande bien pardon de ma témérité et de ces détails; mais il faut que les confrères s'aident Tun l'autre, et je vous réponds que j'aurai attention aux points et aux virgules de votre mémoire. Je vous remercie encore une fois de me l'avoir envoyé. J'espère qu'à la fin la bonne cause triomphera. Je vous en écrirai un jour davantage. ]

Je vous embrasse et vous aime comme un frère* /

tm. — AU MÊME. 1

8 juillet.

J'aurai peut^^tre demaia jeudi de vos nouvelles.

rm VOLTAIRE (170T). 4I|

mon dier confrère, et je saurai à quoi m'en tenir avec les frères Périsse. En attendant, voici un mémoire que je vous prie de lire. Vous sentez assez que je n'ai pu me dispenser de le publier. U faut bien à la fin Confondre un pervers. Voilà le secret des lettres anonymes découvert.

Je vous prie d'édairer dé' vog' lumières un solitaire qui né voit les choses que de loin, qui doit toujours redouter le public^ mais qui a été forcé^ de parler. Dites-moi ce que vous pensez, et soyes bien persuadé de tout ce que je sens pour vous.

A Ferney, 1 3 juillet

Je suis pénétré, monsieur, des attentions et dés bontés dont vous m'honorez. Il est bien rare qu'oïl se souvienne à Paris des solitaires qu*on a vus en passant dans des retraites ignorées. A peine ma vieillesse et inés maladies m'ont-elles permis de vous faire ma cour, lorsque tous êtes veuu dans nos cabanes, et cependant vous m'avez comblé à Paris de vos bons offices, comme si je les avais mérités. Vous avez fait bien plus; je Vous dois la protection de madame de Beauharnais^, dont Tesprit et la beauté sont connus tnéme dans notre pays sauvage.

Si Je pims trouver à Genève ou à Ëâte quelques nou-

< VoIUlreécritàd'Alemb«rt, le 19 juin 1767 i « Un brave officier, nommé le comte de Wargemont, tient à notre secours; car noçs avons des prosélytes dans tous les états. »

* Marie de Chaban, femme du comte de Beaubanials, couslir 4e l'impératrice Josépliine, née en 1788, morte en 1818. Elle a écrit quelques Jolies nonvetles.

m LETTRES INEDITES

Teautés dignes de Totre cariosilé, je ne manquerai pas de vous les envoyer à Tadresse que vous avez bien voulu me donner.

Je vous supplie, monsieur, d'agréer la très-respectueuse reconnaissance de votre très-humble, etc.

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