‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 61 sur 405 · A M. LE DUC DE BOUILLON · texte numérisé non relu

A M. LE DUC DE BOUILLON

Ferney, 25 noTcmbre,

Monseigneur, les bontés dont Yolre Altesse m*a toujours honoré m'enhardissent à vous faire une prière. On fait actuellement une nouvelle édition du Siècle de Louù XIV. J*ai toujours pensé que la cause de la persécution soufferte par M. le cardinal de Bouillon lui était très-honorable. Il défendit généreusement l'archevêque de Cambrai contre des ennemis acharnéS| qui voulaient le perdre pour des billevesées mystiques. Je trouve la lettre qu'il écrivit à Louis XIV, en quit^ tant la France, non-seulement très-noble, mais trèsjustifiable, puisqu'il était né lorsque son père était souverain de droit et de fait.

Je présume que Votre Altesse a des lettres de M. le cardinal de Bouillon sur cette affaire : si elle daigne me les confier, j'en ferai usage avec le zèle que j*ai pour sa maison, sans la compromettre, et en conciliant les devoirs d'un historien avec ceux d'un sujet.

Si vous m'accordez , monseigneur, la grâce que je vous demande, vous pourrez aisément me faire tenir le paquet contre-signe par M. le prince de Soubise ou par quelque autre. Je joindrai ma reconnaissance à l'ancien attachement et au profond respect avec lesquels

DE VOLTAIRE (l76d). 12S

j*ai rhonneur d^étre, monseigneur, de Votre Altesse, le très-humble et très-obéissant serviteur. Voltaire.

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