A M. LE MARQUIS D'ARGENCE DE DIRAG
i jan^er.
Je vous dois des réponses, mon cher philosophe militaire ; mais il y a trois mois que je ne sors presque point de mon lit. J*achève ma carrière tout doucement; ma plus grande peine est de ne pouvoir remplir, comme je voudrais, les devoirs de mon cœur.
Savez-vous bien qu'on a imprimé en Hollande un petit livre intitulé : Le Philosophe militaire */ Cen*est pourtant pas vous qui l'avez fait ; on le connaissait depuis longtemps en manuscrit. C'est un ouvrage dans le goût du Curé Meslier; il est de Saint-Hyacinthe, (\\x^ la chronique scandaleuse a cru fils de révéque de Meaux, Bossuet : il avait été en effet officier un ou deui ans. Tâchez de vous procurer cet écrit; il n'est pas orthodoxe, mais il est très-bien raisonné et mérite d'être réfuté.
Vous pourriez aisément faire venir d'Amsterdam une petite bibliothèque complète. Vous n'auriez qu'à vous adresser à un libraire de Bordeaux , et lui dire de vous faire venir par Marc -Michel Rey, libraire d'Amsterdam , tous les livres que ce Marc-Michel a imprimés sur ces matières; il y en a plus de quinze volumes. Le secrétaire de M. le maréchal de Richelieu ou de l'Intendant de la province pourrait aisément vous faire passer le paquet ; il n'y a pas à présent de vde plus commode.
1 Sans doate le Philoiophe ignoratUy OEut. comp., T. 43.
n parait une autre brochure du même Saint-Hyacinthe ^ intitulée : Le dîner du comte de BoulainvïU liers. On pourrait tous l'envoyer par la poste de Lyon; mais il serait à propos que vous eussiez une correspondance à Limoges.
Je vous souhaite une bonne année; vivez longtemps, monsieur, pour l'intérêt de la vertu et de la vérité.