‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 80 sur 405 · AU IffiME · texte numérisé non relu

AU IffiME

îi angnite.

Mon cher philosophe» le pendu ne me coûtera rien. Le bailliage de Gex est convenu que ce revenant bon était pour le roi. Je ne sais point d*argent plus mai employé que celui d*ôter la vie en cérémonie pour quinze francs.

Quand vous viendrez passer vos vacances ici y nous ftrons dresser les actes en question.

M. de Mailly m'a envoyé des faisans , accompagnés d*une lettre qui vaut certainement mieux que tous les oiseaux du Phase.

Bonsoir, très-cher philosophe.

▲ Feney, 12 togotto.

Ce possédé me disait hier : « Pourquoi m'avez-vous a forcé à envoyer mon brouillon ' à vos anges? Vous i( êtes plus possédé d'eux que je ne le suis de ma n drôlerie. La copie qu'ils ont est pleine de fautes de « commission et d'omission, et , qui pis est, de répé- « titions. Je suis tout honteux que vos anges m'aient <c vu si incorrect. Je vous prie d'obtenir d'eux qu'ils « me renvoyent mon brouillon, et ils auront sur 4e-

* Les Guèbres, envoyés sons le nom d'un Jeune auteur possédé du démon tragique.

« champ la copie la plus nette. » — « Monsieur le « possédé , lui ai-je répondu y c'est ainsi que j'en use « avec eux depuis longtemps. Le même esprit malin « s'est emparé de nous deux; il nous fait faire les « mêmes sottises y et nous les réparons tous deux « comme nous pouvons. Je vais écrire à mes anges, et « les supplier de vouloir bien renvoyer votre drôlerie a contresignée. Je suis persuadé que vous en pourrez « faire quelque chose de bien neuf et de bien intéres- « sant; mais il faut surtout que cela soit écrit avec « autant de pureté et de force que de naïveté.

« À l'égard des allusions que les malins pourraient « faire, je crois que vous pouvez les prévenir, à l'ima pression , par une préface sage et modérée, telle « qu'il convient à un jeune homme qui entre dans « cette épineuse carrière. Vous serez trop heureux « d'être guidé par mes anges, à qui je vous recoma manderai. Ils sont indulgents ; ils vous pardonnent ront de leur avoir envoyé une copie si informe. »

Yoilà exactement ce qui s'est passé entre le possédé et moi.

Je ne sais si vous avez vu un petit ouvrage traduit de l'italien, intitulé lea Droits des hommes et les usurpations des autres^. On y discute les droits du Saint-Père sur Naples, sur Ferrare, sur Castro et sur Ronciglione, etc., d'une manière qui ne déplairait pas aux apôtres, mais qui déplaira beaucoup à la Chambre apostolique. Ce petit morceau est curieux. On me dit que votre prince^ le possède; il me semble que son envoyé doit l'avoir aussi.

* Œuv. ampl.y t. XLIV, p. 138. — * Le doc de Panne.

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