‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 88 sur 405 · A M. DE SAINT-FLORENTIN · texte numérisé non relu

A M. DE SAINT-FLORENTIN

A Feroty, 14 dotcpUw*.

Monseigneur, quoique Vàge de soixante-quinze ans et la faiblesse attachée h de longues maladies puissent fiûre soupçonner de radoter, ce n*est pourtant pas naoi qui ai placé à la dernière pai:( une addition qui était faite pour la paix de 1747. C*est une béyue de Tédi* teur, dont je me suis aperçu trop tard, et que je vous supplie de vouloir bien faire réparer dans votre exemplaire. Votre bibliothécaire pourra très-bien insérer au quatrième tome le carton ci-joint.

Je suis persuadé que, si vous jetez les yeux sur le troisième volume, à la page 282, ce que je dis de feu M. le comte de Plélo vous attendrira '.

C*est ici la neuvième édition qu* on a faite dans TEurope du Siècle de Louis XIV et du PrécU du siècle OÙ nous sommes.

On s'empresse de tous côtés à m'apprendre des particularités bien honorables pour la nation; mais on s y est pris trop tard, Je serai obligé de faire un supplément, et je compte même faire encore quelques cor^ reclions avant que Touvrage puisse être présenté au roi. J'ai tâché d'élever è l'honneur de ma patrie un monument que vous puissiez approuver et protéger, Je n*al rien épargné pour m*instruire, et je crois avoir dit Texacte vérité, avec la bienséance que des temps si récents exigent.

Je n'ai aspiré, monseigneur, à d'autre récompense

■ Qui M fit tuer pour délivrer le roi Stanlslu, prè^ de tomber entre les mains des Russes.

d'un travail si long et si pénible que celle d'obtenir Totre suffrage et vos bontés» qui seront la plus chère Gonsolation de ma vieillesse.

J'ai l'honneur d'étrei avee respect et reconnaissance, Monseigneur, etc.

60», ^ A H, L'ABBÉ ANDRA,

BAROir P« gilWf *IVIT| A TOPI-OUfll*

Le 14 noTembre.

Votre souvenir m'enohante, monsieur; votre lettre du 2 novembre m*a fait oublier ma vieillesse et ma maladie, On a dépêché sur-le-champ, selon vos ordres, un asse^ gros paquet à M. Andra de Maljulien ; il a été adressé à M, Tabareau, qui sans doute le lui fera remettre. Vous ne doutez pas de la promptitude avec laquelle j'aime à obéir à vos ordres. Je suis persuadé que vous aurez bonne part à la conversion des esprits toulousains. Vous êtes un bon missionnaire; vous avez développé dans eux le germe de raison (jue Ton avait voulu étouffer trop longtemps.

Je vous supplie, monsieur, de me rendre un petit service dans le pays où vous êtes. 11 y a quelques mois que j*ai reçu plusieurs lettres signées : Le marquis de Bélestat, Ces lettres me semblaient être d'un homme qui me demandait des avis sur ses ouvrages, et, entre autres, sur un Éloge de Clémence Isaure. On m*a averti depuis ce temps qu'il n'y a point de jeune marquis de Bélestat, et qu'on a pris ce nom pour m'en imposer. Il demeurait, disait-il, tantôt à Montpellier, tantôt à Toulouse, et tantôt dans ses terres. Il est très-intéressant pour moi, et pour des personnes assurément plus

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considérables^ qu*OQ soit informé s*il y a en effet uo jeune marquis de Bélestat en Languedoc.

J'entretiens toujours une petite correspondance avec votre digne ami M. Tabbé Morellet , et j'y mets les ménagements nécessaires; car à Paris, comme à Toulouse, tout n'est pas encore éclairé.

On ne peut , monsieur, vous être plus tendrement dévoué que votre très-humble, etc.

18 aofeubK.

Il y a mille ans que je ne vous ai écrit, mon cher ami; voici un petit livre qui m'est tombé entre les mains ' ; je vous prie de m'en dire votre avis. Vous avez reçu sans doute le Lion et les Trois Empereurs. On dit que les Français ont été encore frottés en Ck)rse le 2 du mois. Que diable allaient -ils faire dans cette galère !

La révolution s'opère sensiblement dans les esprits, malgré les cris du fanatisme. La lumière vient par cent trous qu'il sera impossible de boucher. Je vous embrasse mille fois.

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