A M. LE MARQUIS DE VILLE - VIEILLE
▲ Ferncy, 19 noTembre.
Je VOUS ai attendu, mon cher marquis, et je n'ai point entendu parler de vous. Si je suis assez malheureux pour ne vous pas posséder chez moi, si vous êtes à Montpellier, je vous demande une grâce, c'est de me
t l*tiomme aux quarante écui.
mettre au fait d*un prétendu marquis de Bélestat. J'ai reçu plusieurs lettres sous ce nom , datées de Montpellier. Celui qui les écrit se dit un jeune homme qui aime les lettres. Il m'envoya^ il y a quelques mois, un Éloge de Clémence Isaure. Je lui ai écrit, depuis ce temps-là, deux lettres pour une affaire très-importante; je n'ai point eu de réponse; et on m'avertit que ce marquis de Bélestat n'existe pas. Dites-moi, je vous prie , ce que vous en savez. Soyez bien persuadé surtout que de tous les marquis de votre pays vous êtes celui qtie j*aime le mieux.
... noTembre*
Mon cher vrai philosophe, si le pseudo-philosophe Jean-Jacques Renou^ herborise, il ne donnera jamais la préférence qu'aux pissenlits et aux chardons , et il mourra de rage sur un gratte-cul de n'être pas regardé. Cultivons nous autres tout doucement la vigne du Seigneur.