‹ Lettres inédites des Feuquières (volume 2)Chapitre 26 sur 48 · DU MÊME A M. LE MARÉCHAL DE DURAS · texte numérisé non relu

DU MÊME A M. LE MARÉCHAL DE DURAS

Le 13 novembre 1688.

Je ne puis que je ne vous ouvre mon cœur sur le chagrin mortel qu'on me donne sans que je sache l'avoir mérité par aucun endroit : l'on envoyé icy M. d'Harcourt pour y commander, à ce qu'il me mande * Je suis de ses amis et son serviteur, mais j'ay sept bonnes années de services plus que luy^ et s'il a esté plus heureux que moy j au moins puis-je croire qu'il n'a pas eu pour cela la science infuse. Que je me trouve icy pour lui obéir tout l'hyverj le terme est long et dur* Àinsy, Monseigneur^ je vous demande comme une obligation fort grande de me faire obtenir mon congé. J'ay des affaires qui me sont de conséquence à Paris> que je terminerois pendant ce temps-là. J'en escris à Monsieur de Louvois et à Monsieur de Saint-Pouange. Vous voyez bien

que je vas devenir absolument inutile icy dès que M. d Harcourt y sera; il n'y a personne icy qui ne soit un meilleur lieutenant de Boy que moy, et d ailleurs, dans trois semaines, qui est le temps que M. d' Harcourt arrivera, à ce qu'il me mande, tous les establissemens seront faits et je n'y auray •ien du tout à faire. Je vous supplie, Monseigneur, Je vouloir bien faire et faire faire un peu de réflexion sur ce coup de poignard que Ton me donne, et d'eslrepersuadéqueje suis très-véritablement, etc.

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