‹ Lettres inédites des Feuquières (volume 2)Chapitre 30 sur 48 · DE M. MALLET1 A M. DE BRENDELET · texte numérisé non relu

DE M. MALLET1 A M. DE BRENDELET

A Luzerne, le 13 février 1691.

Monsieur, je vois bien par vostre silence et celuy de M. de Feuquières qu'il ne veut point nous comprendre dans le cartel. Ainsy, Monsieur, et vous et luy ne trouverez pas mauvais que nous continuions à faire la guerre sans quartier et que nous

1 Chef d'un corps de Barbets et de Religionnaires. S'étant trouvé quelques années après aux bains de Bourbon , accablé de rhumatismes, il dit à M. le comte Jules Je Feuquières : « C'est à M. votre frère que j'en suis redevable ; il nous a bien tourmentés. »

2 Capitaine suisse au service de France, sous les ordres de M. de Feuquières, à Pignerot»

commencions par vos soldats. Vous aurez le plaisir, si vous ne répondez pas dans trois jours à mes lettres, de voir leurs testes dans un lieu où vous aurez le loisir d'y faire des réflexions. J'ay donné à vostre tambour un billet de l'argent qu'il a apporté et qui leur sera distribué par jour. Je suis, Monsieur, vostre très-humble et très-obéissant serviteur.

DE M. STIVAL A M. COURAGEUX.

15 février 1691.

J'ay fait voir à M. le marquis de Feuquières le mémoire que vous m'avez donné des gens que les Barbets répètent; sur quoy il m'a dit de vous faire sçavoir qu'il n'y avoit pas un de ces gens-là dans les prisons de Pignerol, et que d'ailleurs c'étaient tous gens arrestés il y a longtemps pour des crimes particuliers, et qui mesme avoient esté donnés au Roy par S. A. R. pour estre envoyés aux galères. Je luy ay aussy rendu compte du contenu en la lettre de M. Mallet, dont l'original venoit de luy estrè montré par M. de Rrendelet; sur quoy il a sur-lechamp ordonné qu'on resserrast les gendarmes de S. 4. R. et qu'on en conduisist les officiers à la citadelle, et m'a dit de vous faire sçavoir qu'il fera à tous les prisonniers qu'il a de S. A. R. un traitement au quadruple de celuy qui sera fait aux Suisses, et que, pour un de ces prisonniers auxquels on me-

nace de faire couper la teste, il la fera couper à quatre gendarmes, poursuivant ainsy la représaille jusquessur les officiers, les intendans el ensuite sur lepeupledePiedmont.QuesiM. Malletetles troupes qu'il commande ne sont point avoués de S. A. R. la représaille n'aura point de lieu avec eux , et M. de Feuquières ne les fera traiter que comme des voleurs. Il vous prie, Monsieur, de vouloir bien luy définir quels gens ce sont. Je suis , Monsieur, vostre très-humble et très-obéissant serviteur.

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