‹ Lettres inédites des FeuquièresChapitre 50 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

DE MADEMOISELLE CATHERIlNE DE PAS A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIÈRES.

A Pau, le 27 mai 1674.

Vous m'engagez tousjours à vous mander des nouvelles de ce pays, mon cher père; je vous en diray une assez meschante , qui est que ma sœur s'est blessée; elle n'a point été trop malade, Dieu mercy , et elle se porte fort bien présentement; il n'y a que ma tante, qui a un fort grand mal au genou, ce qui fait qu'elle ne peut presque pas marcher. L'on a grand'peur de la guerre en ce pays-cy. M. le comte et mon frère1 estoient allés à Bayonne; M. le Mareschal 2 a mandé à ma tante qu'il y seroit venu luy-mesme sans sa goutte , qui l'a fort incommodé. Je vous envoyay il y a quelque temps ma mesure, que vous m'aviez demandée. Adieu, mon cher père ; toutes les filles de ma tante vous assurent de leurs très-humbles respects.

Catherine de Pas.

1 M. le comte de Toulongeon et M. de Rébenac. 8 M. le maréchal de Gramont.

DE 1\I. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIERES A LOUIS XIV

A Stockholm, le 30 mai 1674.

Sire , je rends très-humbles grâces à Votre Majesté de la somme dont il lui a plu de me gratifier ' . Je ne prétends point , Sire , thésauriser ici , et je n'ai pris la hardiesse de représenter mes besoins à Vostre Majesté qu'afin d'estre plus en estât de faire sur-le-champ des choses que je crois nécessaires pour son service; car pour ma fortune, Sire, je n'en ai aucun souci, la croyant assez bonne si je suis assez heureux pour faire mon devoir, et jaurois tort de mettre des bornes à mes espérances, puisque la bonté et la générosité de Votre Majesté n'en ont point.

Je suis, Sire , de Votre Majesté , le très-humble, très-obéissant et très-fidèle serviteur et sujet ,

Feuquières.

1 Voyez la lettre de Madame de Pomponne (page 440) où elle annonce à M. de Feuquières que le Roi vient de lui accorder une gratification de 12 000 livres. Cette gratification était d'autant plus méritée que M. de Feuquières refusait à quelques jours d'intervalle un présent de 20 000 écus qui lui était offert par le roi de Suède, comme on l'a vu par sa lettre du 16 mai 1674 (page i | 1

DE MADAME LA MARQUISE ARNAULD DE POMPONNE A M. LE MARQUIS ISAA.C DE FEUQLIERES.

A Paris , le 1 er juin 1674.

J'ay reçu , Monsieur, vostre lettre du 28 avril. Je vous ay escrit le destail de vos affaires, c'est pourquoy je ne vous en parle point, et attends vostre response sur ce que je vous ay mandé. A ce que je vois, Barthélémy n'a pas fait une grande diligence de n'estre pas arrivé à la my-may ; il faut que ce soient les chevaux qu'il a achetés qui l'aient retenu si long-temps.

Pour M. l'Abbé { , il dit plus qu'il ne fait; car s'il continue encore trois mois , il aura mangé tout ce que les Estats luy auront donné , sans rien mettre à profit, c'est-à-dire, sans payer ses dettes; etleslettres d'Estat que l'on luy a fait avoir ne luy serviront de rien , puisqu'il ne s'accommode pas avec ses créanciers. Au reste, l'on me mande du costé d'^/chille (M. de Pomponne) que vous faites des merveilles et qu'il y a lieu d'espérer que nos affaires iront bien de voslre costé ; je le souhaite fort. -

Je ne vous mande point de nouvelles , car M! de Tourmont, qui est sur les lieux , et qui voit tout de plus près, vous les mande.

' M. l'abbé de Feuquières. Voir la lettre du 3 février (page 356.)

Tous vos enfans font merveille , et depuis peu le chevalier de Pomponne1 a fait de mesme dans une occasion avec le maréchal de Bellefonds.

Adieu , Monsieur, vous serez instruit un peu tard par les lettres de Barthélémy; vous avez appris à cette heure que ma sœur est mariée.

DE M. LE MARQUIS ARNAULD DE POMPONNE A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIÈRES. *

Au camp devant Dôle, le 5 juin 1674.

Je vous ay mandé, Monsieur, il y a huit jours, que Sa Majesté avoit fait ouvrir la tranchée devant cette place. L'on s'y est rendu maistre en peu de jours de toute la contrescarpe , et le mineur avoit esté attaché au hastion , mais s'estant trouvé contreminé, il en fut chassé par les ennemis. L'on a travaillé depuis à passer le fossé , et présentement le mineur est attaché une seconde fois plus sûrement que la première , parce que la contremine est découverte. Les assiégés se sont défendus jusques à cette heure avec heaucoup de vigueur, mais il n'est pas possible qu'ils résistent longtemps , et peu de

' Antoine-Joseph Arnauld , fils de M. le marquis Arnauld de Pomponne, chevalier de Malte, puis colonel de dragons; mort en 1693.

jours termineront celle affaire. Salins , qui ne sera pas un ouvrage de longue résistance, achèvera la conqueste de toute la province , et le Roy sera en estât, incontinent après, de marcher en Flandres, où Monseigneur le Prince se trouve à la teste de 60 000 hommes et où , selon les apparences , il doit à cette heure avoir entrepris un fort grand siège. Les nouvelles publiques vous auront sans doute déjà appris ceux d1 Argenteau et de Navaigne1, qui ont esté faits par M. le mareschal de Bellefonds , et qui ont délivré Maéstricht de F incommodité que ces deux petites places luy causoient sur la Meuse.

DE M. LE CHEVALIER DE PAS A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEÏTQUIÈRES

A Rochefort, le 7 juin 1674.

Il y a longtemps que vous n'avez reçu de mes nouvelles, parce que je ne veux pas vous fatiguer de bagatelles , et je suis icy dans un pays où il n'arrive pas de grandes nouveautés. Vous avez sçu , je crois, que les vaisseaux n1 estaient pas sortis, et on les tient armés dans la rivière, avec tous les officiers

• Ces forts, ainsi que celui d'Erkens , dominaient la Meuse et empêchaient que rien ne pût descendre par cette rivière.

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dedans et les équipages; je suis dans le vaisseau de M. d1 Aimeras , qui est lieutenant général, et ay grande impatience que cette campagne soit finie pour en recommencer une autre ; car Ion doit armer pour l'année prochaine quantité de vaisseaux , et j'espère que je ne seray plus enseigne; jemployeray tous mes amis et les vostres pour cela. Nous avons icy pour intendant de la marine M. de Dumuins, que vous cognoissez pour estre tout à fait de nos amis; je suis sûr qu'il me servira en ce qu1n pourra, et je fais fond sur luy. Sa femme est arrivée icy depuis deux jours; ils m'ont prié tous deux de vous faire leurs compliments , aussy bien que M. de Gadaigne, qui est à La Rochelle. Je n'ay reçu de nouvelles d'aucun de mes frères depuis que je suis icy, mais la gazette m'en a appris du chevalier de Feuquières devant Besançon. Si vous aviez un peu de commerce avec M. de Seigneîay , je crois qu'une de vos lettres feroit plus d'effet que les parolles d'autres gens. Je vous ay desjà mandé que je ne voyois rien de plus propre pour le chevalier d'Harbonnières qu'un employ sur la mer, et si vous l'y destinez, il n'y a pas de temps à perdre pour l'envoyer; il faut mesme luy faire donner de l'employ dès la première campagne. Je prie Dieu qu'il vous tienne en bonne santé et qu'il vous ramène icy avec joye et satisfaction.

LE CHEVALIER DE PAS

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QE AI. LE MARQUIS AKJNAXiLD DE POMPOJN NE A. M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIERES. *

A Laloye, le 12 juin 1674.

Monsieur, nous avons reçu la nouvelle de l'éleetion de M. le Grand Mareschal ' à la couronne de Pologne. L'on aura vu en Suède que M. l'évesque de Marseille n'avoit rien oublié , selon les ordres du Roy, pour porter M. le prince de Neubourg, et qu'il auroit esté eslu si la reine de Pologne2 avoit esté assez bien conseillée pour se conserver sur le trosne en Fespousant. Vous verrez de quelle manière cette élection sera regardée en Suède.

Le roy de Pologne se sent fort obligé à Sa Majesté. Il l'a tesmoigné mesme par la nomination au cardinalat qu'il a donnée aussitost après à M. l'évesque de Marseille , et assurément il demeurera des amis du Roy. Vous jugez mesme qu'il sera capable de donner assez de jalousie à la maison d'Autriche s'il

' Jean Sobieski.

8 La princesse Éléonore , archiduchesse d'Autriche , épouse du précédent roi, Michel-Koribut Wieçnowiçki. «Une chose certaine, « c'est que , si l'élection eût été faite avant l'arrivée de Sobieski , si «ses ennemis avaient consenti à l'élévation du grand Condé, si « Éléonore s'était résignée au sacrifice de Charles de Lorraine, Jean « n'aurait jamais élé roi. »

(De Salvasîdy, Hist. de Pologne.)

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peul une fois avoir fait la paix avec le Turc. «Tay vu qu'autrefois on appréhendoit principalement à Stockholm l'élection de Pologne en la personne de Monseigneur le Prince , parce que Ton croyoit que nous aurions moins besoin des Suédois lorsque nous serions plus assurés des Polonois; je ne sçais si cette opinion y dure encore, mais peut-estre pourroitelle servir au succès de voslre négociation , si rien toutesfois est capable de donner de l'action dans un pays où il y en a si peu.

DE M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIERES A M. LE MARQUIS ARNAULD DE POMPONNE. *

A Stockholm, le 13 juin 1674.

Monsieur, je vois , par le titre d'un imprimé que je n'ai pas encore lu, la prise de Besançon, qui est à mon gré une excellente nouvelle , pourvu que la lecture ne me fasse pas regretter la perte d'aussi bonnestes gens qu'a produit la prise de cette ville. J'attends aussi bientost la nouvelle de l'augmentation de vostre famille , et parce que le dernier ordinaire ne m'a rien apporté de Madame de Pomponne, je me veux flatter qu'elle est à présent délivrée.

Je suis bien aise que vous n'ayez pas nommé Ré-

benac au Roy, puisque vous ne F avez pas trouve à propos. Il est certain toutesfois que je souhaitte fort qu'il ne quitte point son oncle * jusques à ce qu'il en ait tiré ce qu'il en peut espérer, autrement il feroit comme le chien d'Esope. J'espère que la lettre que vous avez eu la bonté de lui escrire fera plus d'effet que les miennes. Ces Messieurs me donnent encore la liberté de dire mon avis, mais ils n'en font que ce qui leur plaist ; je ne sais si c'est qu'ils me trailtent de radoteur ou si c'est qu'à cause que je me porte aussi bien qu'eux ils ne me croient pas encore assez sage. Je vous prie d'en juger vousmesme par une pensée qui me vient et qui me réchauffe tout le sang dans les veines : c'est que le Connestable s'est imaginé que ce seroit fort bien fait de joindre à son armée quatre mille François , et qu'ils fussent sous ma charge; et moy qui me souviens d'avoir vu mon père dans un semblable employ, estant tout ensemble général d'armée et ambassadeur extraordinaire, je m'imagine aussi que le Roy ne feroit pas mal , et qu'il y auroit en cela une infinité de convenances pour son service : ces troupes en seroient mieux conservées; les Suédois seroient bien aises d'avoir l'ambassadeur et le directeur de leur subside pour compagnon de leur fortune, et les Allemands seroient bien aises aussi de

1 M. le vicomte de Rébenac, sénéchal de Béarii.

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trouver dans cette armée un homme du Roy qui pourroit négocier et ménager plusieurs choses. La question est de savoir si le Roy m'en croit capable ; à quoy tout ce que je puis dire est que je le souhailte passionnément. La première pensée en vient du Connestable ; le roy de Suède , à ce qu'on m'a dit, y a applaudi et le chancelier aussi, mais pas un ne m'en a encore parlé.

Feùqweres.

DE M. LE MARQUIS ARNAULD DE POMPONNE A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIERES. *

A Laloye , le 18 juin 1674.

Monsieur, le Roy part aujotird'huy de ce lieu, et Sa Majesté reprend le chemin de Fontainebleau, où Elle séjournera quelques jours pour estre le dernier de ce mois à Saint-Germain. Elle atira avant son départ achevé la conqueste de toute la Franche-Comté parla prise de Salins, qui a suivy celle de Besançon et de Dolle. Sa Majesté avoit eu pensée de prendre d'abord le chemin de la frontière de Flandres; mais comme il n'auroit guère esté plus court, Elle se trouvera en estât à Saint- Germain de prendre la résolution qu'Elle trouvera la plus convenable au bien de son service et de ses affaires.

DU MÊME AU MÊME

A Saint-Seine, le 20 juin 1674.

Celte lettre , Monsieur, sera la seconde que vous recevrez de moy cet ordinaire. Je vous escrivis avant-hier en quittant la Franche-Comté , je le fais aujourd'huy de ce lieu où Sa Majesté vient d'arriver et où Elle a reçu, par M. de Ruvigny, que M. de Turenne lui a dépesché 9 la nouvelle de la bataille ' qu'il a donnée le 1 6 de ce mois dans le Palalinat contre les troupes de l'Empereur et celles de M. le duc de Lorraine jointes ensemble. La relation que je vous en envoyé vous fera voir combien la victoire a esté entière du costé de Sa Majesté, et combien Dieu bénit véritablement ses armes en adjoustant ce succès si grand et si considérable à la conqueste qu'elle vient de faire de la comté de Bourgogne. Sa Majesté a jugé important que ce courrier que je dépesché à Paris rejoignis! assez tost l'ordinaire de Hambourg , parce qu'une si grande nouvelle ne peut estre trop tost sçue dans la cour où vous estes; elle n'y produira qu'un bon effet et peut servir à faire succéder plus heureusement vos négociations lorsqu'on y verra les armes de Sa Ma-

1 La bataille de Sintzeim.

jesté victorieuses au-delà du Rhin et si capables d'appuyer ses alliés et d'abattre ses ennemis. C'est tout ce que la baste avec laquelle je vous escris rne permet de vous dire jusques à ce que je vous fasse sçavoir plus amplement par le prochain ordinaire les intentions de Sa Majesté sur cette affaire.

Dl MÊME AU MÊME. *

A Versailles , le 13 juillet 1674.

Monsieur, il vous a esté mandé par le dernier ordinaire que les Hollandois avoient mis le siège devant Belle-Jsle; le Roy reçut nouvelle qu'ils l' avoient levé et qu'ils s'estoient rembarques sans avoir quasy mesme tenté cette entreprise. Ils se sont depuis estendus vers les costes du Poitou, où leur seul exploit a esté de prendre quelques bleds ; et fait quelques autres pillages dans l'islede Noirmoutiers. Ainsi, selon toutes les apparences, comme ils ont trouvé nos costes très-bien pourvues , leur grand armement leur sera de peu de fruit.

Le Roy reçut hier nouvelle que M. de Turenne avoit repassé le Rhin avec un succès plus avantageux en quelque sorte , quoyque moins sanglant , que celuy qu'il avoit eu à Sintzeim. Il avoit esté chercher les ennemis, qui estoient postés au-delà du Neckre, à Ladberg, entre Heidelberg etManheim.

ft62 LETTRES INÉDITES

Ils estoient forts de huit mille chevaux et de quatre mille hommes de pied avec dix pièces de canon , sous MM. le duc de Lorraine, le duc de Bournonville et le comte Caprara. Après avoir esté deux jours en présence , la rivière entre deux , M. de Turenne fit passer ses troupes à un gué qui estoit à quelques lieues au-dessus. Les ennemis , avertis de sa marche et ne voulant point hasarder un comhat , firent défiler leurs bagages et marchèrent avec une telle précipitation vers Francfort qu'ils firent onze heures de chemin cette journée. M. de Turenne les fit suivre aussitost. Ils perdirent quelques gens, tués et prisonniers, de F arrière-garde et une partie de leurs bagages. L'infanterie et les moins bien montés de la cavalerie les suivirent dans le Bergslrasse, d'où les troupes que Ton avoit envoyées pour les suivre ramenèrent quantité de prisonniers. Cette défaite se peut dire fort grande , non par le sang qui a esté répandu, mais par la dissipation de cette armée , particulièrement de l'infanterie , et la perte du bagage. L'action ne peut estre plus glorieuse à M. de Turenne , qui , après avoir battu les Impériaux à Sintzeim , les a fait sortir du Palatinat et les a poursuivis au-delà du Mein.

Le général de Souches , après avoir esté longtemps proche de Liège, s'est approché de Dinan. Quelques-uns croient qu il pourroit avoir dessein de passer la Meuse; mais, outre que Monseigneur le

Prince a détaché un corps de douze nulle hommes de son armée sous M. le duc de Luxembourg pour couvrir cette rivière , il y a peu d'apparence qu'il s'expose à une entreprise aussi difficile. Adieu, Monsieur, je suis entièrement à vous.

DE M. LE MARQUIS ANTOINE DE PAS A M. LE MARQUIS ISAAC DE FEUQUIÈRES

A Philippeville , le 18 juillet 1674.

11 y a fort longtemps, Monsieur, que jen'ay eu de vos nouvelles, et pour que vous ne vous plaigniez pas de la mesme chose de moy, je vous escris presque touttes les semaines. M. de Luxembourg a esté détaché icy avec dix bataillons et vingt escadrons pour observer les Impériaux qui estoient à Givé, d'où ils décampèrent avant-hier pour retourner à Dinan, dont ils se sont emparés. Je ne sais si cela ne nous fera pas marcher d'icy, en cas qu'ils se rapprochent [de Namur, comme nos advis portent qu'ils le doivent faire demain. RoxaneK (M. de Luxembourg) ne doit pas estre content de Bellerophon (M. de Louvois),

* On a vu précédemment (page 388) que M. le marquis de Pas employait quelquefois deux pseudonymes pour désigner le même personnage , et que ces deux pseudonymes sont tantôt deux noms d'hommes, et tantôt un nom d'homme et un nom de femme : ainsi Louis XIV est désigné sous ceux iï Amynthe et d1 Attila ou d'Achille et le maréchal de Luxembourg sous ceux de Roxane et de Venceslas.

m LETTRES INÉDITES

qui luy fait faire des manèges qui ne sont pas plaisants , et Venceslas (M. de Luxembourg) ne doit pas estre satisfait de ce que Cassandre (M. de Louvois) fait tous ses efforts pour ne le pas distinguer d'avec Mitridate(M. de Rochefort)1 et Fouriile2. Cependant il n'en tesmoigne rien et se contente d' estre chagrin et de demander à servir son quartier. Adolphe (M. le marquis de Pas) n'est pas non plus content de Bellérophon (M. de Louvois), qui ne Ta pas servi, comme il le luy avoit promis, pour les régimens qui ont vacqué dans l'armée de Socrate (de M. de Turenne), de sorte qu'il n'a pas lieu d'estre satisfait. Voilà tout ce que j'ay à vous mander pour cette fois. La grâce que je vous demande c'est de me croire pour vous comme je dois estre. On dit icy qu'on n'est pas content des Suédois; pourvu vp£ Amaranthe (M. le marquis de Feuquières) ne soit pas confondu là dedans, il faut s'en consoler.

de Pas Feuquières.

1 Henri-Louis d'Alongny, marquis de Rochefort , maréchal en 1 675 ; mort en 1676.

2 Jean-Jacques de Chauméjean , marquis de Fourilles , lieutenant général , tué, dans le mois d'août suivant, au combat de Senef.

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