ET D'ITALIE
Au Quartier-Général de Saint-Rême le &' vendémiaire l'an 4« de la République Française, une et indivisible.
Le Général Divisionnaire Fontbonne
Commandant la Côte de Gênes de l'Armée d'Italie, au Représentant du peuple 5' Prix.
il me tarde bien de recevoir de tes nouvelles, mon Cher Saint Prix, je reclame avec instance cet adoucissement de l'absence ; je connais trop bien l'excellence de ton cœur pour imaginer qu'il aie pu se raffroidir à mon égard ; mais je viens gourmander ta paresse qui a besoin d'être poussée à bout; je te ressemble assez de ce côté la, car il faut que je sois pressé comme un lièvre pour les lettres qui ne sont pas nécessitemment obligées ; mais ma Répugnance a écrire ne tient pas auprès du plaisir que j'ai de m'entretenir avec toi : ajoute à tous les bons offices que tu m'as rendu, celui de me donner des nouvelles de l'ami le plus précieux que j'aie au monde ; j'espère que tu n'iras pas tourner autour du pot pour deviner que ce bon ami de fontbonne est toi-même, mon Cher S'. Prix;
à propos d'ami, j'ai reçu il y a huit jours un lettre du
chef de l'état major de l'armée qui m'annonce avoir envoie l'ordre au fils de Chaix de venir me joindre à S'. Rême ; je suis étonné que l'intéressant jeune homme ne m'en ai encore rien dit ; je l'attends avec l'empressement de l'amitié, j'ai écri deux fois à Chaix le père depuis que j'ai quitté la division du Centre — point encore de Réponce; j'espère que tu seras plus obligeant mon cher S' Prix, je ne te demande qu'une seule petite lettre par décade, c'est bien peu pour quel qu'un qui te regrette mille fois par jour au moins.
je t'embrasse comme je t'aime de tout mon cœur.
FONTBONNE.
mes honneurs à l'aimable famille Titon.
donne moi des nouvelles des Cavagnac, je n'ai rien vu d'aussi joli que la fille ainée.
ARMEE