OFFICIERS GÉNÉRAUX EN SECOND
RocHAMBEAU fils à Maubcugc remplacé par
HARViLLE celui par
Langue et encore harville.
BiRON à Kiéwren.
Alexandre Lamets aux camps de Maulde et Maubeuge,
Valence au siège de Namur.
TouRViLLE le reste de la campagne et à Maubeuge.
Guesdin et Chansel quelques jours à Maubeuge.
je ne connais d'autres Généraux en place que Poncet ancien officier du i8' Régt d'inf"' qui a fait près de moi les fonctions d'aide de camp une partie de la campagne c'est un brave et intelligent militaire.
vm
A Etoile dép' de la Drome le 28 pluviôse l'an 3= de l'Ere Républicaine.
D'après votre avis, mon cher St Prix, je me suis déterminé à aller à Paris, en conséquence je viens de retirer un fond de 2600 1. et d'écrire à Lyon pour qu'on me retienne une place à la diligence, précaution d'autant plus nécessaire que cette voiture étant pour ainsi dire l'unique, elle est arrhée quinze jours d'avance : je vous aviserai du moment de mon départ.
je vous avoue dans l'effusion de mon cœur que l'excellence du votre, mon Cher St. Prix, pouvait seule me consoler des formalités et des lenteurs désolantes qu'on apporte à une chose aussi juste que ma réclamation. Quelle ressource restet-il donc à l'homme simple et vertueux s'il est réduit au dégoûtant métier de solliciteur dont il ignore et méprise également les pratiques et les ruses ? je pensais qu'aiant toujours servi avec loyauté, je n'éprouverais aucune chicane des agens subalternes : je savais parfaitement que sous Pache et Bouchotte toutes les places étaient pontées et que l'argent ou l'intrigue optenaient ce qui était du au mérite ; mais j'étais fermement persuadé qu'en mettant la justice et la vertu à l'ordre du jour la Convention n"'' avait banni des bureaux l'agiotage scandaleux qui éconduisait l'homme probe pour traiter avec le vice. Si j'avais l'honneur d'être Représentant du Peuple je tonnerais contre de tels abus... je sai que de tous les travaux d'hercule celui de
nettoier les écuries d'Augias fut le plus pénible mais quel service immortel a rendre aux français que de les délivrer une bonne fois des harpies dévorantes qui rendent funestes les plus belles institutions. Combien votre cœur doit souffrir en certaines occasions, mon cher St. Prix, heureusement vous êtes plus calme et plus réfléchi que moi, qui dans un corps usé de fatigues et de chagrins loge encore une ame ardente pour le bien et irrascible pour le crime.
je vous rends mille grâces de la chaleur obligeante que vous voulez bien mettre à donner l'éveil au citoyen Pille pour lui faire hâter mon rapport, je suis pénétré de toutes, les obligations que je vous ai ; car sans vos bons offices mon affaire ne se serait jamais terminée.
Le Sage m'a écri que l'on aurait besoin de mon Passeport que je vous renvoie.
J'ai aussi trouvé quelques pièces qui peuvent suppléer au Certificat qu'on me demande de la part des Généraux qui n'existent plus; mais comme la principale de ces pièces m'a étée envolée par votre Collègue Gossuin et que sa lettre en fait la preuve c'est à lui que je les adresse dans le paquet cijoint ; je crois mon cher St. Prix qu'en approuvant ma délicatesse vous aurez la bonté d'engager le Citoyen Gossuin a me rendre en cette occasion les bons offices qu'exigent la vérité et la justice, je ne doute pas de son bon cœur, mais il est tellement affairé qu'il est fort heureux pour moi que vous soiez la pour le raviver un peu, car il est urgent de proffiter du moment, et je serais très inquiet si je ne connaissais les effets obligeants de votre amitié toute votre famille d'Etoile, dont fait partie la C"^ Camille se porte a merveille
Salut et amitié,
FONTBONNE.
je vous envoie le Passeport, des preuves que j'étais commandant de la place de Maubeuge au cas qu'il faille constater le poste qu'on a quitté pour le reprendre; il est positif que j'étais commandant de la place de Maubeuge lors de ma destitution ; ce que vous savez aussi bien que personne ; j'y joins un certificat de résidence à mon poste à l'armée et d'autres attestations, etc., etc.
Au Citoyen Si. Prix Représentant du Peuple
à Paris.
A Etoile le 50 Pluviôse l'an 5" de l'Ere Républicaine.
je vous ai fait passer avant hier, mon cher St. Prix, des pièces que je crois pouvoir suppléer le Certificat qu'on me demande de la part des Généraux sous les ordres desquels j'ai servi et qui n'existent plus.
D'après les menées et les conciliabules continuels et allarmants des anciens terroristes d'Etoile, j'ai voulu proposer une adresse dont Bachelard m'avait envoie la minute pour en délivrer au moins pour un tems mes compatriotes : Le peuple qui déteste et craint également ses oppresseurs était enchanté ; l'adresse était applaudie et allait être signée lorsqu'un espèce d'intrigant qu'on n'aurait pas soupçonné
d'intelligence avec les scélérats, s'est hautement déclaré leur champion en disant qu'on ne pouvait faire droit à des dénonciations dénuées de preuves légales et qu'en sa qualité d'agent n''' par intérim, il prendrait à partie ceux qui ne prouveraient pas de suite leurs dires... cette sortie inopinée à étonné et intimidé le peuple qui a craint de se compromettre et plus craint encore que le retour du Reigne de sang que cet acte semble annoncer ne leur fut plus funeste que jamais : Vainement ai-je fait de suite la motion de comprendre Don quichote des tyrans dans leur classe ; la peur avait comprimé tous les esprits et l'adresse en est restée la au grand regret du peuple et au triomphe de ses oppresseurs.
Voila l'effet qu'a produit un Garnement gagné sous main ; par malheur il est membre de la municipalité qui ne le connaissait pas et qu'il mené par ses subtilités et l'usage qu'il a de la Chicane.
Ny aurait-il pas moien de faire intimer à la Commune d'Etoile la conduite qu'elle doit tenir vis-avis des anciens terroristes et agitateurs actuels, ainsi que vis-avis leurs partisans et souteneurs ? Si l'on ne prent des moiens prompts cette partie du midi rendeviendra la proie des scélérats qui l'ont si longtems désolée, et ce serait un grand service à rendre à la Patrie que de rendre nuls les criminels complots des dominateurs et des fripons.
il y a quelques jours que j'ai écri pour qu'on me retint une place à la diligence de Lyon, je n'attends que d'en être assuré pour partir ; car telle est la pénurie des communications qu'il nya presque plus d'autre moyen de voiager.
je sens combien il est important que mon rapport ne traine plus en longueur, et je vous remercie sensiblement des soins obligeants que vous mettez à le faire hâter.
toute votre intéressante famille qui est toujours en même nombre se porte à merveille.
Salut et amitié,
FONTBONNE.
Au Citoyen St. Prix Représsntant du Peuple Rue Rohatt n" ly,
à Paris.
Lyon le 22 Ventôse l'an 3= de l'Ere Rép"".
j'espère, mon cher St. Prix, avoir le plaisir de vous embrasser le 29 prochain, au moins es ce l'époque à la quelle doit arriver à Paris la Diligence si elle n'éprouve aucun retard; ce n'est qu'en doublant le prix que j'ai pu déterminer un citoyen à me céder sa place car elles sont retenues jusqu'au 14 Germinal, et je me serais ruiné à rester ici jusqu'à ce temps la. Vous ne faites pas d'idée de l'horrible cherté des comestibles, et de la peine qu'on a a sen procurer en route ; le pain coûte trois francs la livre le fourage vint sols encore souvent il faut passer de l'avant faute d'en trouver, un mauvais repas coûte vint francs, enfin c'est une chose inconcevable.
L'esprit public est excellent à Lyon les terroristes et les buveurs de sang y sont exécrés et couverts de boue, hier
au spectacle les busards des alpes brûlèrent solemnelement le bonet rouge jacobin et l'allégresse était générale, tous chantaient avec enthousiasme le réveil du peuple cela console et votre cœur, mon cher St. Prix, doit délicieusement jouïr d'avoir concouru au soulagement, au bonheur de votre patrie, il me tarde de vous embrasser de tout mon cœur comme je vous aime (i).
FONTBONNE.
(i) Comparez aux lettres i,io et n, la lettre suivante du Représentant du Peuple Gamon à Saint-Prix :
« Mon ami, mon bon ami S' Prix, mon compagnon d'infortune, quoi, je n'ai pu t'erabrasser au moment ou l'on a brisé ces fers honorables que tu as portés pendant 19 mois, que je suis impatient de te raconter mon histoire et de te dire, a travers combien de dangers, j'échappai au lâche tyran, qui nous avait marqués, les uns pour les fers, les autres pour la mort : mais dis moi, hâte toi de me dire, si la tyrannie est anéantie — tu connais ma position — dois je rester chez moi, dois je aller à paris, ou dois je aller? suis je libre enfin? puis je espérer qu'on ne m'accusera plus, qu'on ne m'egorgera plus, du moins sans m'entendre ? Tu connais l'esprit, la force de l'assemblée, de l'opinion publique, tu consulte nos communs amis, que disent-ils? que penses-tu? hâte toi de m'écrire a Aubenas, dept de l'Ardéche. je suis a Lyon, et en passant dans cette ville, couverte de ruines et de cadavres, pour aller embrasser mes parents, peut être pour aller leur faire des adieux, je me hâte de t'écrire ces lignes et je sollicite de ton amitié une prompte réponse, le sentiment qui m'oppresse a besoin de s'exhaler de vive voix.
adieu.
« Gamon.
« lyon. ce 12 pluviôse.
« dis a Garilhe, a Boissy, a tous les autres, que je compte sur leurs conseils et sur leur amitié.
« Envoyé moi, si tu le juges nécessaire, une expédition du décret me concernant. »
Au Citoyen 5' Prix Représentant du peuple.
à Paris.
je t'invite avec instance, mon Cher S' Prix, a venir ce soir à huit heures prendre un punskche au caffé de la Régence avec un compatriote aimable ancien envoie à la Cour d'espagne et chef actuel de la comptabilité et de la commission d'instruction publique dont je t'ai déjà parlé avec éloges et que tu seras d'autant plus aise de connaître qu'il est très empressé de m'être utile et qu'il en a les moyens par son crédit et celui de ses amis; il est très lié avec Cartier et Monteleger et joint à l'amanite naturelle un Génie particulier; il a ici une famille intéressante dont fait partie une jeune Demoiselle de dix huit ans infiniment aimable avec qui il faut que tu fasse connaissance; je te vois sous rire en lisant cet article, mon cher S' Prix, eh bien! je t'assure que tu seras encore plus content quand tu seras admis dans cette jolie famille.
ne manque pas de venir ce soir à huit heures, tout à toi.
FONTBONNE.
Au Citoyen Représentant du Peuple 5' Prix aux Tuilleries cour du Manège n° Jji.
à Paris.
a Etoile le 24 messidor an 3<!.
je languis bien de recevoir de tes nouvelles, mon cher S' Prix, je t'ai écri en même tems que Desaimars le lendemain de mon arrivée; les caresses de mes parents et de mes Connaissances ne me consolent pas de ton absence, mon bon ami, c'est un vuide au fond du cœur que rien ne peut remplacer, je voudrais donner le change à mes regrets en m'occupant essentiellement à t'être agréable, ce serait pour moi la plus douce des jouissances.
je vai te parler sans détours, la petite Desaimars est dit-on prévenue en faveur d'un jeune Dubessé (i)de Beauchastel son cousin officier de Cavalerie, ta cousine est absolument dans la même position que nous nous en sommes figurés; la jeune M"*" Dupont (2) n'est prévenue en faveur de personne, si elle était la centième partie aussi intéressante par le phisique qu'elle l'est par les plus admi-
(i) Pélissier du Besset, famille du Vivarais, apparentée à un degré très proche aux TaillepieJ de Bondv-, et dC-j.i alliée à une branche de la famille de Soubeyran.
(2) Parente de Foiitbonnc.
râbles qualités du cœur et de l'esprit je la préflFererais aux autres; quand à cette dernière elle est en notre disposition et tu n'as qu'a vouloir je suis moralement certain du succès; mais je ne bougerai en aucune manière sans ton avis ultérieur; tu connais la chaleur de mon amitié, dispose en sans réserve (i).
j'ai vu à leur passage les Représentants peire et Meisse qui m'ont donné une mission pour accellerer dans ce département la levée des nouveaux Bataillons et le départ des déserteurs, la Gendarmerie et la force armée sont en ma disposition et il est enjoint aux corps constitués de s'entendre avec moi a cet effet.
j'attends avec impatience l'arrivée de mes chevaux je désirerais beaucoup que mon aide de camp Gamon ne tardât pas car je présume fortement que je serai appelle du Côté de Nice, j'aurais mieux aimé être emploie aux alpes et surtout à Lyon ou tout est tranquille et parfaitement bien disposé; on a fabriqué la plus attroce calomnie contre cette malheureuse ville qui n'a déjà étée que trop endolorée, tu peux m'en croire car j'ai vu les choses de près et sans prévention, engage Gamon (2) à nous placer à Lyon et tu nous rendra d'autant plus de service qu'il y a de la gloire a acquérir et peu d'embaras a avoir — du moins on est en évidence, et c'est beaucoup de n'être pas entremêlé avec des hommes de toute espèce sous tous les rapports. Voila quelle est ma position fais en part à M. de S' Sulpice je ne pourais lui dire autre chose dans une lettre, je présume que je vais être amalgamé désagréablement du coté de Nice et
(i) Tous ces projets matrimoniaux n'aboutirent pas. Saint-Prix épousa quelques années plus tard M"' de Bouvier de Cachard, de S'-Péray. (2) Député de l'.-VrdCvhe.
je désirerais être placé de ce côté ci surtout à Lyon met le feu sous le ventre de Gamon à cet effet.
ton aimable sœur et toute ta famille ici à S' pérai et a Valence se porte a merveille, M"= de S' prix a eu une violentte fluxion à la tête qui tire à sa fin; j'ai vu trois fois Madame de Mazade de Valence ta tante qui m'a témoigné prendre à toi le plus véritable et le plus vif intérêt, je te l'annonce avec plaisir d'après celui que tu y met toi même.
j'ai reçu une lettre obligeante de l'ami Chaix, j'irai voir son frère au premier jour et je fairai pour son fils avec empressement tout ce qui dépendra de moi. dis-lui de suivre l'affaire de mon frère Darce (i).
je parle de toi sans fin, sans cesse avec l'exellente Camille pour celle la, ne te triche pas elle t'aime franchement.
ou en est l'affaire de ma jolie protégée Cavenahg je désire qu'elle optienne satisfaction je l'apprendrai avec plaisir.
je suis tout dévoué à ce qui peut te convenir, mon cher S' Prix, tu m'entens c'est m'obliger le plus sensiblement que de mettre en même de prouver mon inviolable amitié.
as-tu bu à ma santé et mangé quelque omelette en souvenir de fontbonne, qui est bien ton ami le plus sincère et le plus chaud.
FONTBONNE.
pousse Gamon pour nous faire placer aux Alpes et surtout à Lyon avant que je ne sois obligé de m'acheminer vers Nice.
(i) D'Arce ou d'Ars, nom de terre de la famille Fontbonne.
ma femme te fait mille amitiés elle me secondera en tout ce qui poura concourrir à t'être agréable. Desaimars et Dupont te font leurs respectueux compliments.
ne sois pas paresseux comme un vieux lièvre qu'il faut relancer; quand en viendras tu tuer quelqu'un dans la forest d'Etoile? je le désire ardemment.
A Etoile le 30 messidor an 3* de l'Ere Rép"'.
je ne m'accoutume point à passer si longtems loin de toi, mon cher St. Prix, dédommage moi par tes lettres d'une privation si pénible en vérité j'en ai d'autant plus de besoin qu'une maudite ébulition suite de l'extrême fatigue m'a couvert le corps de boutons accompagnés d'un peu de fièvre. Charriére prend soin de moi et je te le recommande.
j'attens d'un moment à l'autre l'ordre de me rendre à Nice ; je m'y acheminerai dèz que mes chevaux seront arrivés et je les attens sous trois ou quatre jours ; je voudrais beaucoup que Gamon fut arrivé à cette époque.
Tout est ici au même point que lors de ma dernière lettre ; Généralement les esprits s'aigrissent, la patience et la Confiance s'éteignent ; Comme tout le monde a beaucoup perdu le mécontentement est en proportion et semble s'accroitre en se communiquant : La plus part des parents d'émigrés surtout sont intolérables ils affectent bêtement de
déprécier tout ce qui s'est attaché à la République : je désire ardemment qu'un bon et vigoureux Gouvernement vienne calmer les esprits et réduire au néant les illusions extravagantes des Royalistes et les projets sinistres des hommes de sang qu'on n'a point assez comprimés dans ces Cantons.
je suis en peine de mon portemanteau et de mes Caisses qui ne sont pas encore arrivés, prie notre ami Chaix de vouloir bien y passer et les faire expédier de suite, car il serait bien fâcheux pour moi d'être obligé de partir pour Nice sans mes habits, j'aurais beaucoup mieux aimé être destiné pour Lyon, ne laisse pas échapper l'occasion de m'y placer ou dans la partie de l'armée des Alpes, car cette armée d'Italie est la plus malheureuse sous tous les rapports, je suis bien sur des effets de ton obligeante et rare amitié à la quelle je correspons de toutes les puissances de mon ame.
j'ai cru devoir tout examiner soigneusement avant de m'ouvrir sur rien; ta cousine est dans la même position que nous l'avons jugée; la petite Desaimars est je crois très prévenue en faveur d'un de ses cousins Dubessé officier de volontaires, lajeune Dupont serait par le caractère heureux qui la distingue celle que je preffererais mille fois si elle était plus joUe et mieux faite, enfin, mon ami, je te parle franchement je fairai avec zèle tout ce qui poura t'être agréable, mais je ne me déterminerai que d'après ton avis .
n'oublie pas d'envoier Chaix pour s'informer à la diligence ce que sont devenus mes effets, épie et ne laisse pas échapper l'occasion de nous placer à Lyon.
ton aimable sœur est à Etoile, ma femme l'aime infiniment et la voit souvent, j'ai réchauffé cela et je n'ai pas eu
de peîne les cœurs étaient disposés, enfin je fais de mon mieux et je serois heureux, mon bon ami, si je pouvois t'être bon à quelque chose, tout a toi.
FONTBONNE.
qu'est devenue la famille Cavenac ?
je reçois à l'instant, mon cher ami, la lettre la plus obligeante du Général Kellermann, qui me témoigne combien il est flaté que j'ai prefferré l'armée qu'il commande, il m'annonce en même tems qu'il attachera à ma division l'adjudant Général S' Sulpice et qu'il met en ma disposition mon second aide de camp Bonnefons jusqu'à il aie reçu son Brevet, il me dit qu'il me vera arriver avec d'autant plus de plaisir qu'il a besoin surtout de bons Généraux de division; enfin toute sa lettre est sur ce ton. elle m'a fait un vrai plaisir, et je répondrai de tous mes moyens à l'idée avantageuse que ce Général a conçu de moi fais en part à S' Sulpice et dis lui de se presser de venir sur toutes choses.
ARMÉE i^Es ALPES Liberté .-. Égalité.
ET d'iTALîE —— -—^ —
Au Quartier-Général de Tende le 14 friid"'' l'an 3« de la République Française, une et indivisible.
Le Général Divisionnaire Fontbonne,
Commandant le Centre de l'Armée d'Italie, au Représentant du Peuple S' Prix, à Paris .
C'est de la Cime des montagnes déjà couvertes de neige que j'invoque pour me dégeler la douce chaleur de l'amitié; tu jugeras de l'horreur du climat que nous habitons par la lettre ci jointe du Général de Brigade d'Allemagne; la seule intempérie de l'air a fait périr hier soir sept mulets tout près d'ici : Cependant c'est à ceux qui se dévouent à la défense de la patrie dans un pais aussi affreux que le Citoyen Pille adresse de prédilection ses vexations; tu seras aussi étonné que moi mon cher Saint Prix, d'apprendre que ce digne successeur de Bouchotte a écri au Commissaire ordonnateur de cette armée pour me faire retenir 2400 1. pour le prix d'un soi disant Cheval que j'ai optenu dans le courant de messidor, tandis que tu sais mieux que personne que je n'ai eu que trois chevaux que j'ai pris et paie au prix fixé par la loi (au dépôt de Versailles) et dont j'ai retiré un reçu du Commissaire
Barbîer dont je t'envoie ci joint copie collationnce par le Commissaire des guerres de la division — Le Citoyen de lorme inspecteur des remontes n*'" qui me choisit lui même mes trois Chevaux que la fatigue et la longueur extrêmes de la route ont mis hors de service.
Pour que le citoyen Pille ne puisse avoir l'air d'ignorer ma réclamation contre l'injuste retenue qu'il a fait opérer sur mes appointements, je te prie de lui remettre toi même la lettre que je lui écris à ce sujet qui contient aussi copie du reçu du Commissaire des Guerres de Versailles; fais lui retracter de suite l'ordre de retenir mes appointements pour un Cheval que je n'ai point reçu; ou qu'il m'envoie l'ordre de prendre ce cheval dans le dépôt des remontes du Midi ce qui vaudrait encore mieux puisque les miens sont exténués.
Conviens qu'un pauvre Diable perché sur la cime des montagnes déjà glacées au mois d'aoûts est en droit de se recrier contre la vexation criante qu'exerce envers moi le Citoyen Pille, heureusement que tu es la, mon cher S'. Prix, pour me faire rendre prompte justice.
j'ai écri hier au brave chaix dont je suis très inquiet, je t'embrasse comme je t'aime de cœur et d'âme.
FONTBONNE.
mes amitiés aux titon (i).
(i) Selon toute apparence, cette famille Titon est celle du Conseiller an Parlement qui fut rapporteur dans l'afTaire du Collier.
ARMEE
DES ALPES tT d'iTAME
Liberté .•. Égalité.
Au Quartier-Général de Tende le 25 fructidor l'an 3« de la République Française, une et indivisible.
Le Général Divisionnaire Fontbonne
Commandant le Centre de F Armée d'Italie. à son ami le Représentant du peuple 5' Prix,
à Paris.
Si je t'écrivais, mon cher ami, toutes les fois que je sens le besoin de m'entretenir avec toi, tu serais accablé de mes lettrés; Combien souvent je t'ai désiré pour promener ensemble sur la cime de mes Montagnes; Crusol n'est qu'un pigmée en Comparaison du fameux col de Tende d'où nous voyons les orages se former sous nos pieds — il est des instants ou l'on est forcé malgré la rigueur du Climat d'admirer les phénomènes et les divers accidents de la lumière qui se multiplient d'une manière prodigieuse à nos yeux.
j'ai vu et donné hier a coucher à ton aimable collègue Maisse qui est venu recevoir l'acceptation de la constitution de la part de ma division, ce qui s'est opéré de la manière h plus satisfaisante; quoique le soldat meure de faim et soit en proye aux horreurs d'un climat glacé et dénué de toute espèce de ressource.
je n'ai pas oublié le fils de Chaix. Maisse et Kellermann m'ont promis de me l'envoier dis le de ma part à notre ami commun, buvez quelques fois à ma santé, ce ne sera jamais aussi souvent que je vous regrette, je t'embrasse comme je t'aime de tout mon cœur, mon cher S' Prix.
FONTBOKNE.
fais remettre la lettre pour Gamon.
Au Quartier Général d'Albinga 3* jour complémentaire. Mon cher S'. Prix
je passe successivement du froid au chaud, il y a six jours que j'étais huche au milieu des neiges, me voici maintenant au bord de la mer dans la partie la plus méridionale des états de Gènes.
La satisfaction qu'on eu de la manière dont j'ai organisé la division du Centre a engagé le Général en chef et les Représentants de m'investir du Commandement de toute la cote depuis Menton jusqu'à Albinga, comme partie de cette division est sur le territoire Génois, je suis chargé d'y propager la bonne intelligence et d'y surveiller les intérêts de notre Gouvernement, et de me tenir en garde
contre les tentatives des anglais et des impériaux — à propos d'impériaux hier nous les avons rossé d'importance ils étaient au nombre de plus de dix mille pour forcer cette partie-ci de la droite avec moins de quatre mille hommes nous les avons repoussés Républicainement après un combat opiniâtre de cinq heures, ils ont perdu quinze cent hommes tués, blessés, ou prisonniers et ils 'ont étés forcés de reculer eux mêmes partie de leur position, j'ai fait filer ce matin sur Nice plus de deux cent cinquante des prisonniers que nous leur avons fait — cependant nous mourons de faim, hommes et chevaux c'est à la lettre.
j'attends le fils de notre ami Chaix qu'on m'a positivement promis, écris-moi mon cher S' prix et aime moi toujours comme je t'aime.
FONTBONNE.
adresse moi tes lettres à mon Quartier Général à Saint- Rême à l'Armée d'Italie.
mes honneurs aux dames et M' titon.
ARMÉE ^^5 At-PEs Liberté .-. Égalité.