‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 110 sur 246 · A M. CARON · texte numérisé non relu

A M. CARON

DIREGTEUR DE LA GOMPAGNIE DES INDES ORIENTALES

Saint-Germaio , U d^cembre 1669.

V0U8 verrez, par la lettre du Roy cy-jointe, les intentions de Sa Majesty sur le sujet de Tenvoy de M. de La Haye dans les Indes ^

II a ordre de vous communiquer, sur les establissemens qui sont k faire, toutes les pens^es de Sa Majesty, qui sont enti^rement conformes aux propositions que vous avee faites; n^anmoins, Sa Majesty se remet aux connoissances plus particuli^res que vous avez prises depuis que vous estes sur les lieux. Je vous diray seulement qu'elle souhaiteroit fort Testablissement de diverses factoreries dans les pays qui sont sous la domination des princes des Indes et les deux establissemens fixes , dans Tisle de Gey- Ian et celuy de Tisle de Banca, ou tel autre que ce soit oil Ton pust faire une bonne place, laquelle, estant occup^e par ses armes, pust servir k soutenir fortement tous les establissemens qui seroient faits dans les Indes.

Vous verrez clairement par tout ce que Sa Majesty a fait, tant pour

' VairlapitoprMdeote.

la compagnie en g^n^ral que pour vous en particulier, combien elie consid^re reatablissement de ce grand commerce, et je vous puis assurer qu'elle le tient comme la plus considerable et la plus importante affaire de son Estat.

A regard de la compagnie , elle luy a encore donn^ a millions de livres de nouveau, et elle envoye dans les Indes une escadre de six vaisseaux qui luy coustent presque encore antant, sans une infinite d'autres graces qu'elle fail en toute^ occasions i ladite compagnie et k ceux qui y sont entr^s.

A vostre ^gard, vous avez eu une pleine etenti^re sadsfs^ction de tout ce qui s'est pass^ dans I'isle Dauphine k regard de Marcara K

La pension que Sa Majesty vous a promise sera r^guli^rement pay^ a madame Garon, qui est icy consid^r^ comme le service que vous rendez le , m^rite.

Sa Majesty a mari^ mademoiselle vostre fille, k qui elle a donn^ 30,000 livres de dot, k un gentilhomme qualifi^ de la province de Normandie, qui a i3,ooo livres de rentes en fonds de terre.

Elle vous honore du collier de Saint-Michel ^, et je vous puis assurer que , en continuant de bien servir comme vous avez fait et de ne revenir point de sitost en France, jusqu'^ ce que vous ayez estably fortement et puissamment ledit commerce, vous devez encore esp^rer d'autres gr&ces de Sa Majesty.

Tout ce que vous avez k faire pour correspondre k tant de bont^ qu'elle a pour vous est de vous maintenir M. de Faye et vous en une grande et parfaite union, establir la subordination et Tob^issance envers tons ceux qui travaillent sous vous, exp^dier promptement le retour des vaisseaux, travailler k faire les establissemens que Sa Majesty desire, et surtout ne pas retoumer en France que ce grand ouvrage ne soit assez avanc^ pour ne pouvoir p^rir, et que vous ayez Thonneur de Tavoir commence et mis en sa perfection.

Pour moy, soyez bien persuade de mon amiti^, et que j'auray le mesme soin de tout ce qui regarde vous et vostre famille , comme si c'estoit pour moy.

(Arch, de la Mar. Ordre$ du roipow Im compagniet dn lnde$, 1669, foi. 188.)

' Voirpi^ n* 7. — * Le in^me courrier porlait anssi a M, de Faye la decoration de Saint- Michel.

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