‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 126 sur 246 · A M. CARON · texte numérisé non relu

A M. CARON

DIRECTEUR DE LA COMPAGNIE DES L^DES ORIENTALES

Paris, 37 dtombre 1670.

Jay re^u vos deuxleltresdu nfi aoust 1669 eldu 1" Janvier suivant. Je compatis fort a toutes Ies peines et Ies traverses que vous avez revues dans le commencement de Festablissement de nostre commerce dans leslndes;

^ Louis XIV veQail de r^uire de nioilie Ies Baas connivant avec Ies estrangers et qu'il leur

droits d'entree sur Ies sucres vcnant des lies. pardonne trop facilement. . . n {Dep. cone, la

Colbert, en en donnanl avis a M.de Terron, \o mar, fol. t.) — Par un autre arr^t, de juin

9 Janvier 1671, ajoutait : « H y a lieu d'esperer 1 67 1 , le roi d^chargea de lous droits Ies mar-

qu'avec un si grand soulagenient ies Francois cbandises a destination des iles et r^uisit

ferontseuls ce commerce, etqu'enfin leseslran- de 5 a 3 0/0 le droit accordc a la compagnie.

gers en seront cxclus ; mais je \ous avouc que , ( Voir II , Indnstrw, pi^cc n** 99 ol note.) sur celte exclusion, je Iroiive loujours M. de

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mais j'espire qu'avec vostre fermet^ et vostre moderation, vous parviendrez a terminer toutes ces difficult^s et qu'enfin vous estaWirez nostre commerce de sorte qu'il produira tous les avantages auxqueis Sa Majesty s'est atlendue.

Je crois que les r&olutions qu'elle a prises sur ce qui arriva en Tisle Dauphine lorsque vostre jugement y fut cass^ vous auront bien satisfait^, et les ordres que Sa Majesty donne sur la d^sob^issance du sieur Goujon^ ne vous satisferont pas moins.

Les sieurs Gueston et Biauf, directeurs g^n^rauxde la compagnie, qui s'en vont dans les Indes et qui vous rendront cette lettre , estant bien disposes pour vivre et agir avec vous dans une parfaite union , il y a lieu d'esp^rer que la compagnie recevra de grands avantages de vostre travail commun.

. Le Roy a fait s^avoir ses intentions si clairement au p^re sup^rieur des Gapucins, missionnaires en Levant, que je ne doute point que le p^re Ambroise et tous les religieux de cet ordre ne suivent a I'avenir enti^rement vos mouvemens, et Sa Majesty, vous consid^rant comme elle fait, seroit bien ayse que lenr zMe pust produire vostre conversion.

A regard de Ceylan, Banca et autres, je crois que rarriv^e de M. de La Haye avec les forces maritimes du roy et toutes les assistances que Sa Majesty luy envoye par le vaisseau le Breton et deux autres , et qu'elle continuera tous les ans, vous donneront seurement le moyen de faire ce qui sera avantageux a la compagnie.

Pour les establissemens de la Ghine et du Japon, Sa Majesty s'attend que, lorsque les autres directeurs qui partent seront arrives aupr^s de vous, vous ex^cuterez les pens^es que vous avez toujours eues de les faire.

Quant a vostre retour en France, vous voyez bien, par le mariage de vostre fiUe et par tout ce qui s'est pass^, que le Roy n'a pas besoin d'estre sollicite pour prendre soin de vostre famille; et vous devez faire un estat certain de la protection et des bienfaits de Sa Majesty , dans tout le cours de vostre vie, pour vous et pour toute vostre famille, dont Sa Majesty s'est assez declare le p^re en vostre absence ^.

Ainsy elle desire que vous demeuriez dans les Indes tout autant qu'il sera n^cessaire pour faire ces establissemens et jusqu'i ce qu'ils soyent faits.

* II 8*agit ici dc Taffaire Marcara. (Voir n' 189.) II succeda k de Faye, etchercha h n** 1 o et 1 1 .) supplanler Caron. — Voir Ja pi6ce suivanto.

* Negocianl de Rouen, aclionnaire de la ' Voir 11, page 567, note,

compagnie des Indes orienlaies, dont il devint * Voir pi^ce n* a6.

Tun de8 direclenrs. (Voir II, IndtistrtPj pi^co

Je vous puis assurer que vous ne pouvez rien faire de plus agr^able a Sa Majesty et iuy rendre un service plus important que d'ex^cuter en cela ses volont^s.

(Arch, de la Mar. Ordrat du rm pour Im compmgmn iu bdet, 1670 , fol. i63. )

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