‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 129 sur 246 · III · texte numérisé non relu

III

51/i COLONIES.

Je suis bien ayse que vous ayez fait donner aux filles qui n'ont pas esi^ marines 5o livres en denr^es, afin de commencer leur estabiissement.

A regard de celles qui passeront ceite ann^e, j'ay donn^ las ordres n^ cessaires pour les choisir saines et fortes, et de la quality que vous les demandez, et je dois vous dire que le Roy a accord^ une gratification de 600 livres k la demoiselle Etienne, en consideration du soin que vous me marquez qu^elle a pris de la conduite des autres.

J'ay aussy donne ordre de vous envoyer des cerlificats des lieux oik lesdites filles seront prises, qui fcront connoistre qu'elles sont libres et en estat de se marier sans difficult^.

J'ay ^crit au chevalier de Grand-Fontaine ^ en conformity de ce que vous me marquez, et comme il importe beaucoup au service du roy de commencer h Her quelque correspondance enlre les habitans de I'Acadie et ceux du Canada, afin qu'ils puissent profiter mutuellement de leur commerce, travaillez incessamment k faire la communication de I'un des pays k I'autre, et tenez pour cela une correspondance r^gl^e avec le chevalier de Grand-Fontaine, estant n^cessaire que vous consid^riez cette communication comme le plus considerable bien que vous puissiez faire k I'un et k Tautre de ces deux pays.

J'dcris audit chevalier que I'intention du Roy est qu'il laisse la pesche libre aux Francois, qu'il la permette «iux Anglois aux mesmes conditions qu'ils faisoient aux Francois avant la restitution de I'Acadie, et surtout qu'il s'applique a I'establissement des pesches s^dentaires; mais, comme vous pouvez plus faciiement et plus souvent que moy luy faire entendre la conduite qu'il doit tenir pour cela, je vous prie de tenir la main k Tex^cution de tout ce que vous estimerez propre k cet estabiissement, et de lever toutes les difficultes qu'il y pourroit rencontrer, estant certain que le meilleur moyen pour y parvenir est d'obliger a se marier, non-seulement tons les soldats qui sont sous son commandement, mais mesme les gar^ons et les filles qui passeront cette ann^e audit pays.

Le Roy a enti^rement approuv^ la proposition que vous failes de lier une bonne et ^troite correspondance avec les Anglois de Boston , et d'entrer mesme en quelque commerce avec eux pour les choses qui vous seront mutuellement n^cessaires; mais, k I'^gard des pesches qu'ils feront k la vue

' D'Andigny de Grand-Fontaine, capitaine Breda, le Roi le nomma gouverneur de celte

d^infanterie au Canada en i6C5, lieutenant, colonie. Commandant il Pentagouet en 1670,

puis capitaine de vaisseau. Lorsque TAcadie, il rc^t Tordre de renlrer en France le 5 mai

que poflsedaient les Anglais depuis i65i^ , fut 1676. II reprit son rang de capitaine de vais-

restitu^ h la France en 1667 par tc traits de seau et roourut ii Brest, Ic 6 juillet 1696.

des terres de i'ob^issance de Sa Majesl^ , eUe desire qu'il leur soil fait le mesme traitement que ses sujets re^oivent d'eux en pareilie occasion; et cette conduite doit estre observ^e aussy bien dans la traite qu'ils peuvent faire avec les sauvages des environs de Pentagouet ^ que dans celle que les sujets du roy pourront faire avec les sauvages des environs de Boston , c'esi4-dire qu'il est n^cessaire que vous establissiez un traitement r^ciproque entre les deux nations.

Je n ay aucune nouvelle du vaisseau qui a est^ arrest^ h Boston et qui estoit commands par le nomm^ Fontaine. Gependant, vous avez fort bien fait de faire les instances n^cessaires aupr^s du gouverneur et du conseil de cette ville pour la conservation de ce vaisseau et des marchandises de son chargement, afin que Sa Majesty en puisse faire demander la restitution au roy de la Grande-Bretagne , lorsqu'elle aura est^ plus particuli^rement inform^e de tout ce qui s'est pass^ k I'occasion de la saisie.

Vous pouvez, sans aucune difficult^, faire rembourser le chevalier de Grand-Fontaine sur le fonds des d^penses extraordinaires du Canada , de celles qu'il a pu faire k Boston , en soUicitant la restitution de TAcadie , pourvu qu'elles soyent modiques et que vous en ayez une parfaite connoissance.

II est inutile de penser k aucun expedient pour donner un prix plus haut aux peaux de castor et d'orignal^ que celuy ou il est k present, d'autant que, le commerce estant un effetde la pure volont^ des hommes, aussy tost que Ton mettroit quelque restriction au d^bit de ces pelleteries, les marchands seroient d^goust^s de le continuer; en un mot, il iraporte de laisser k un cbacun la liberty enti^re de vendre ou acheter k tel prix qu'il estimera k propos *.

A regard de la proposition que vous faites de lever cent soldats et de faire construire une esp^ce de galore pour assurer le lac Ontario, Sa Majest^ n'a pas estim^ qu'il fust n^cessaire de nouvelles troupes pour cela ; elle d^re seulement que vous communiquiez cette pens^e k M. de Courcelles et qu'il I'ex^cute, si vous trouvez en effet qu'il en puisse revenir quelque avantage k son service et aux nations sauvages auxquellcs elle a accord^ la paix.

* Aujonrd'hui Penobftcot, dans T^lat du ^ N^nmoins, le ii mai 1676, des lettres Maine; c'^tait un fort ^ev6 par leaFran^ais patentea furent exp^diees en favenr de Jean avant i639 , sur la fironti^ de la Nouvelle- Oudielte, bourgeois de Paris, pour lui accor- Angleterre. der le privily d*acheter seul au Canada les

* Orignac ou ongnal, nom donn<$ dans le pcaux de castor et de les vendre en France. Canada 4 Taninial connu aillenrs sous le nom (Ordret du rot, fol. 66.)

II ne se peut rien de mieux que I'arrest que le conseil souverain de Quebec a rendu pour d^charger du droit de i o p. o/o ies marchandises s^ches et pour en recharger en mesme temps Ies liqueurs; mais, puisqu'il y a du fonds provenant de ce droit et qu'il est destin^ au payement des dettes de la coramunaut^ de Canada, vous pouvez, sans aucune difficult^, travailler h la liquidation et au payement desdites deltes, et mesme accorder quelque pr^fdrence aux habitans dudit pays qui en sont cr^anciers. Mais surtout observez bien qu'il faut acquitter g^n^ralement toutes Ies dettes , et, pour cet effet, il sera bon que vous vous serviez de la moiti^ du droit qui se levoit sur Ies marchandises seches , ainsy que vous le proposez.

Je vous envoye cy-joint Ies ordres du roy n^cessaires, tant pour prendre la somme de 3,ooo livres sur le f6nds du droit de lo p. o/o, afin de Temployer a la reparation du clocher de Quebec , que pour faire d^livrer ^ M. de Courcelles pareille somme, que le Roy luy accorda outre ses appointeraens ordinaires de I'ann^e i665.

C'est assur^ment un grand avantage pour le service du roy qu'il se rencontre des dispositions si heureuses dans la culture des mines de fer de Canada; peut-estre qu avecvostre application vous parviendrez h en trouver de plus riches.. Le sieur de La Potardi^re y retournera apr^s avoir fait r^preuve de la mine de fer quil a apport^e, et, lorsqu'il y sera arriv^, le soin que vous devez principalement avoir est de faire en sorle que, aussytost que cette mine sera establie , elle subsiste par elle-mesme ; dans Ies suites, si Ton trouve qu'elle soit aussy bonne que vous Tesp^rez, Ton pourra y faire passer des ouvriers pour la fonte des canons.

J'ay vu avec la mesme satisfaction Tesp^rance que vous avez du succ^s de la manufacture du go\jdron; mais, comme dans ces sortes d'establissemens le succ^s ne r^pond pas toujours a ce que Ton s'en est promis, il faut que Texp^rience nous confirme Ies apparences qu'il y a de r^ussir; cependant, appuyez fortement toutes ces nouvelles manufactures, dont il reviendra des avantages considerables au service du roy et i Taugmentation de la colonie.

La resolution que vous avez prise d'envoyer le sieur de La Salle ^ du coste du sud, et le sieur de Saint-Lusson ^ du coste du nord, pour d^-

* R^n^Roberl Cavelier, sieur de La Salle , fleuve. — II avail ^UJ anobli le i3 mai 1676. ne k Rouen et baptise le aa novembre i6&3. (Ordt'et du rot, fol. 3o.) — Voir Ies articles Entre d^abord chez Ies J^uites, il T]uitta en- publics parM. Margry, dans la Revue de Rouen, suite cette compagnie et se rendit au Canada septembre 18/17, ^^ ^^"^ '® Journal de Vimen 1666. rt d^couvrit Ies rivieres de TOhio et truction pubUque y 1861. du Mississipi et mourut assassine, le 30 mai * Francis D^Aumont, sieur de Saint-Lus 1687, en achevant rexploration de cp dernier son.

COLOiMES. 517

couvrir le passage de la mer du Sud, est fort bonne; mais la principale chose h laquelle vous devez vous appliquer dans ces sortes de d^couvertes est de faire rechercher la mine de cuivre, ce qui seroit un moyen assure pour attirer plusieurs Francois de Tancienne dans la nouvelle France, si une fois cetle mine avoit est^ trouv^e et que Tutilit^ en fust sensible.

J'examineray la proposition que le capitaine Poulet vous a faite de tenter la d^couverte de la communication de Ja mer du Sud et de celle du Nord par le d^troit de Davis ^ ou par celuy de Magellan^, et, apr^s que J err auray fait rapport au Roy, j'ex^cuteray ce que Sa Majesty m'aura fait Thonneur de me commander sur ce sujet.

Le Roy n'a pas estim^ h propos de faire un plus grand fonds que celuy de 30,000 Hvres, tant pour ce qui reste h faire pour former Tentier establissement des soldats que pour les appointen>ens des quatre compagnies et autres officiers r^form^s, Sa Majest^ ayant r^gl^ ces d^penses suivant les m^moires que vous me donnastes d^s Fannie derni^re.

Jay vu le testament que feu Jean Madry fit, en 1666 , en favour de sa femme; mais, comme cet acle n'est pas dans les formes ordinaires de la justice, il est n^cessaire que les juges du pays le confirment, ceux du royaume ne le pouvant en aucune mani^re.

Vous jvez raison de dire que les depenses augmenteroient consid^rablement si le Roy faisoit passer en esp^ces les fonds qu'il fait pour le soutien et Taugmentation de la colonie , et , quelque chagrin que les marchands tesmoignent des denr^es, ustensiles et autres choses en quoy Ton convertit lesdits fonds, il esl bien important de continuer k envoyer des denr^es et de tenir toujours Targent au dedans du royaume.

Jay est^ tres-ayse d'apprendre que le clerg^ de la Nouvelle-France s'acquitte r^guli^rement de toutes ses fonctions, et je nay point dout^ que M. r^vesque de P^tr^e et les p^res J^suites ne fissent un favorable accueil aux p^res R^cbllets, puisque, agissant sur un mesme principe et dans la vue de porter la lumiere de la foy et de I'Evangile dans les contr^es les plus ^loign^es de la NouvelJe-France, ce sera un secours pour animer d'autant plus leur zele et concourir plus fortement k la conversion des sauvages et k I'augmentation du christianisme.

Le Roy a accords la somme de 1,900 livres auxp^res R^collets pour leur donner moyen de fortifier et augmenter leur establissement, et Sa Majesty continue encore a M. F^vesque de P^tr^e la gratification de

* Bras de mer qui s^pare le Groenland de * Caoal s^parant la Terre-de-Feu de la Pa-

la Terre de Cumberland, et par lequel la mer la|[ODie. de Baifm communique a TOcean.

6,000 livres qu'elle a accoustum^ de luy donner pour i'eDtreiien de son s^minaire et la subsistance des jeunes sauvages qui y sont ^lev^. Je luy ^cris daos le sens que vous avez d^sir^, comme aussy k N. I'abb^ de Qu^lus\ en sorte que j'esp^re que mes lettres feront sur leurs esprits I'effet que vous vous estes propose.

Travaillez toujours, par toutes sortes de moyens, k exciter tous les eccl^siastiques et religieux qui sont audit pays d'^lever parmy eux le plus grand nombre desdits enfans qu*il leur sera possible, afin que, estant instruits dans les maximes de nostre religion et dans nos mceurs, ils puissent composer avec les habitans de Canada un mesme peuple et fortifier, par ce moyen, cette colonie-lJi.

Quant k I'establissement de la congregation des femmes et filles qui se forme k Montreal, pour enseigner aux personnes de mesme sexe k lire, ^crire et quelques ouvrages de main, le Roy trouve bon que vous vous appliquiez k le fortifier, ces oeuvres de pi^t^ pouvant contribuer beaucoup k Taugmentation du culte de nostre religion.

A regard de la confirmation de la noblesse du neveu de M. Souart^, lorsqu'il sera retoum^ en Canada avec sa famille, sur Tavis que vous m'en donnerez, j'enrendray compte au Roy, qui luy pourra accorder en ce temps- Ik les lettres patentes n^cessaires pour cette confirmation.

Sa Majesty a donn^ les ordres n^cessaires pour le passage de cent engages, et a fait un fonds de la somme de 1/1,000 livres pour eslre employee en achat de bestiaux. Je tiendray la main qu'il soit envoy^ en Canada des cavales et des asnesses afin de multiplier ces esp^ces, qui sont si n^cessaires k la commodity des babitans de ce pays-14.

Je vous envoye cy-joint la commission de gouverneur de Montreal pour le sieur Perrot^ vostre neveu , que j'ay fait exp^dier sur la nomination de M. de Bretonvilliers *.

J'^cris k M. de Courcelles sur la conduite qu'il doit tenir, et je ne doutc pas qu'il n'entende volontiers les avis que vous luy donnerez sur ce que vous croyez estre plus conforme aux intentions et au bien du service du roy.

* Grand vicaire de TarcheYdque de Rouen n" 77). Rcnlre a Mootr^l, avec le m^oie et cur^ de Quebec. tilrc, il fut ioterdit en i683, puis nommo

* M . Souart ^tait ie neveu du p^re Joseph , Tann^e suivaote gouverneur de 1 Acadie. En Le Garon , r^ollet, directenr de la mission du repassant en France, le 3o mars 1687, il ful Canada, de i6i5 ^ 1639. fait prisonnicr par les Anglais et mourut en

^ Gouverneur et commandant de Montreal raer. en 1670. II vint en France, en 1676 , et y fut * Sup^rieur general du s^minaire de Sainl-

relenu quclquo temps a la Bastillo (voir pi^ce Sulpicc 6\Mi h Montreal.

Je vous envoys cy-joint douze m^dailles du Roy, lesquelles vous distribuerez ainsy que vous le proposez.

Sur le compte que j'ay eu rhonneur de rendre au Roy du d^frichement considerable que vous avez fait faire d'une terre en Canada , Sa Majesty a estim^ k propos de T^riger en baronnie, et j'en ay exp^di^, suivant ses ordres, les lettres patentes, que vous trouverez cy-jointes ^ Je ne doute pas que cette marque d'honneur ne convie non-seulement tons les officiers et habiians du pays qui sont riches et accommod^s, mais mesme les sujets du roy de I'ancienne France, h entreprendre de pareils d^frichemens ct a pousser ceux qui sont commences, dans la vue de recevoir de pareilles gr&ces de Sa Majesty. C'est h quoy il est bien important que vous les excitiez fortement en poussant encore plus avant celuy que vous avez fait.

Pay vu Testat g^n^ral des families quie vostre secretaire ma apport^; il n*y a rien de plus important et de plus n^cessaire pour le Canada que de travailler par tons moyens k en augmenter le nombre.

Auparavant que le Roy puisse prendre aucune resolution sur la fabrique d*une monnoye pour estre introduite en Canada, il est n^cessaire de s(avoir le litre, le poids et le cours qu'elle pent avoir en ce pays-1^ , apr^s quoy Sa Majesty vous fera connoistre ses intentions sur ce sujet.

Outre les fonds que le Roy a faits pour toutes les d^penses du Canada pendant la pr^sente ann^e, et dont vous serez inform^ par les m^moires cy-joints, vous en trouverez un autre des deniers revenant-bons sur les fonds de Tann^e demi^re, lequel se monte k 90,903 livres, suivant le calcul que vous en avez fait. Jene doute pas que, avec ces secours, vous ne soyez en estat d'ex^cuter tout ce que vous s(aurez estre des intentions du Roy pour le bien et Taugmentation de cette colonie.

Sur le compte que M. Bellinzani m'a rendu de r^preuve qui a este faite des cendres et de I'huile que vous luy avez adressees pour composer la potasse , je luy ay marqu^ ce que j'estimois k propos de faire sur ce sujet, et, comme il ne manquera pas de vous le faire s(avoir,je me remets enti^rement k ce que vous en apprendrez par ce c^nai.

* Talon avait sugg^r^ cette id^ k Colbert , ii nexer & ce fief , avec les noms qui pourront luy

qui il ^crivait, lore de son premier s^jonr au convenir, les trois villages que je desirerois y

Canada, le 10 novembre 1667 : vJ'ay donn^ cr^r. . . La cr^tion de titres que je pro-

moy-mesme Texemple en achelant une cer- pose seroit un moyen facile de faire progresser

taine estendue de terrain convert de bois , sauf la colonie . . . ?>

deux arpens que j'ay trouv^ d^fiichds. . . II Les villages fond^ par Talon ^taient Bourg-

est situ^ dans le voisinage de Quebec et pourra Royal , Bourg-la-Reine et Bourg-Talon. Le Roi

eslre utile & cette ville. On pourroit doter cet erigea ces terres en baronnie, et Talon devint

establissement d'un titre nobiliaire, si Sa Ma- ainsi baron des Uets, par lettres du \k mars

jesl^ y consentoit, et on pourroit mesme an- 1671. {Ordrei duroi, fol. 65.)

Depuis cette Icttre ecrite^ le Roy a accords la confirmation des leitres de noblesse du sieur de Haultm^nil ^ Je vous envoye cy-joint les lettres patentes qui ont est^ exp^di^es pour cet effet, afin que vous les d^livriez lorsqu il sera pass^ et estably avec sa famille en Canada.

(Arch, de la Mar. Ordret du rot p<mr (m eon^jnigmet de$ Indet, 1671, fol. as.)

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