AU MEME
Saint-GerfDain , a 9 septembre 1 670.
Je VOUS avoue que le voyage de mon fits m'a fait peine , k cause du pen
' De son c6te, Seignelay avail ^rit 4 son presenlement et je n'ay que le d^piaisir de
pte, le 7 septembre.: nJ'eas encore un l^er voir le long temps que cette maladie m*a fait
acc^ de fi^re vendredy dernier, roais ce ma- perdre, que je tascheray de r^parer par tons
tin, qui devoit estre mon onn^e, elie m^a moyens.» manqu^, Dieu mercy! Ainsy j'en suis qutite
dc s^jour qu il a fait a Rochefort jusqu'^ present et du grand travail qu'il a besoin de faire pour son instruction.
II n estoit pas besoin pour sa sant^, quand elle auroii est^ mauvaise, ni d'ailer si loin, ni d'alier si vite; en sorte que je ne puis attribuer cette envie qui luy a pris qu'a une impatience et inquietude qui n'estpas bonne en une affaire de Timportance qu'est son instruction, ou au peu de plaisir qu'il prend h ce travail , ou ^ ce que , se contentant d'une l^g^re superficie, il croit avoir tout fait en six jours de temps qu'il y a travaill^ en deux ou Irois reprises. Je crois qu'il y entre un peu de toutes ces trois raisons, et c'est ce qu'il faut combattre et diminuer par tons moyens possibles; c'est aussy ce que je recommande particulikement h vos soins et a vostre application ^
II faut de necessity qu'il satisfasse k tous les points contenus en son instruction, et k toutes mes d^pesches, et mesme qu'il examine avec vous le plan du r^glement g^n^ral de la police dans les ports ^, que je luy envoye aujourd'huy, et qu'il en dresse les litres et les articles. Je ne croyois pas le tenir plus de deux mois h Rochefort; mais sa maladie, le premier voyage de la Rochelle, ou il perdit quinze jours de temps fort mal a propose et le second voyage, sont cause que j'estime ndcessaire qu'il y deroeure encore, sinon tout, au moins la plus grande partie du mois prochain, ce que je r^gleray suivant ce que je recevray de iuy par tous les ordinaires. Surtout je soubaiterois fort qu'il ne m'envoyast rien qui ne fust et mieux ^crit et plus poly, estant absolument n^cessaire qu'il fasse bien tout ce qu'il a h faire, afin qu'il soit en estat de le bien faire faire k ceux qui travaiileront sous luy pendant toute sa vie.
II m'a envoy^, par son laquais, les noms des vaisseaux qui pourront servir k I'escadre de I'ann^e prochaine, un projet d'instruction pour la
^ Colbert ^rivait cependant 4 son cousin quelques joars auparavanl, le aa septerabre :
<rU rae semble que mon 6ls commence h prendre plaisir h son metier, et je suis trtecontent de tout ce qu^il a fait. Le voyage luy aura est^ tr^avantagenx. Je vous remercie du soin que vous en prenex et vous prie dc bien continuer. Surtout tenet la main h ce qu^il ex^ute tout cc qui est contenu en mes depesches ..,n ( Dip, cone, la mar, fol. 65 1 .)
* Le 94 octobre suivant , Colbert ^crivait & de Terron au sujet de ce r^lemenl :
«Je vous prie de prendre toutes lessemaines quelques journces ou quelques beures pour
travailler au projet de la police des ports. Je^ crois que mon fils vous aura remis aussy le plan de Testablissement des magasins, qui n'est pas moins important que celuy de la police des ports.
ff J^attends avec impatience des nouvelles de la sant^ de mon fils et de ce qu^il aura fait depuis les derniers ordres que je luy ay envoy<5s de s*en aller en Provence. Pour vostre sant^ , travaillei 4 la conserver, estant ce que nous avons de plus cher et que nous devons toujours pref($rer 4 toule autre chose . . . ?» — Voir aussi pi^ n"* 1 3 et notes.
^ Voir pi^e n" 5.
mesme escadre ei Tcstat de rarmemenl. Mais j'ay trouv^ ces m^moircs fails avec tant de precipitation que je n'ay pas pris plaisir k ies voir. II fautque vous y travailliez de oouveau avec luy, pour Ies mettreen raeilleur estat.
(Arch, de la Mar. Depdchea concemant la marine » 1670, fol. /i65.)